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Logement : Macron veut moins de « normes environnementales et sociales »

Logement : Macron veut moins de « normes environnementales et sociales »

La réforme du logement ne comprendra pas qu'une baisse des APL : Emmanuel Macron a présenté lundi ses grands axes pour relancer la construction en France. A Toulouse, après avoir visité un centre d'hébergement pour mères isolées, le Président a détaillé un nouveau dispositif de prise en charge des plus défavorisés, baptisé "Logement d'abord", qu'il a défendu pendant sa campagne présidentielle. Surtout, il a dit vouloir "libérer" la construction dans le parc libre grâce à "une réduction des exigences des normes environnementales et sociales" pour obtenir "une production massive" de logements neufs en quelques années.

"Notre pays en construit trop peu car notre système est bloqué par la sur-règlementation", a estimé Emmanuel Macron. Il faut "diminuer cette réglementation pour la rendre plus pragmatique, y compris sur des normes qui relèvent de très bons sentiments, quelques fois environnementales et sociales". "Il y aura énormément de (gens) qui s'élèveront contre ça, tous ceux qui ont dit (que) ces normes (sont) sur tout le territoire pour tout le monde": "On me dira que je ne respecte pas l'environnement, ou parfois le handicap, parfois ceci ou cela. Mais il faut du pragmatisme", car "c'est essentiel pour résoudre le problème du logement", a-t-il encore dit. Cette volonté de réduire les normes environnementales a notamment provoqué l'agacement du secrétaire national d'EELV, David Cormand, qui y a vu sur Twitter "encore un exemple du double discours" du chef de l'Etat.

40.000 logements neufs par an dès 2018 dans le parc social

Le chef de l'Etat veut également accroître la construction de logements neufs dans le parc social, en portant à 40.000 par an dès 2018 et "sur tout le quinquennat" la construction de logements "très sociaux". Il a aussi souhaité "faire tourner davantage le parc social en faisant rentrer beaucoup plus de monde et activer une politique de baisses des prix" des logements sociaux.

Quant au dispositif "Logement d'abord", il consiste à remplacer les logements d'urgence et les nuitées d'hôtel par des solutions de logements plus pérennes. Ainsi 50.000 places supplémentaires pérennes doivent être créées, dont 10.000 dans des pensions de famille et 40.000 dans le parc locatif. Elles doivent remplacer des nuitées d'hôtels, qu'il juge inadaptées et "très coûteuses". Ce volet fera l'objet d'une "mise en oeuvre accélérée dans 15 territoires volontaires dont Toulouse", a expliqué le Président.

Ces différentes mesures s'inscriront dans un vaste plan logement, qui doit être présenté au prochain Conseil des ministres. Un plan sur lequel plane l'ombre de la baisse décriée de cinq euros des APL, coup de rabot annoncé fin juillet et jugé "pas intelligent" par le Premier ministre lui-même, avant l'épineuse présentation du budget pour 2018. Le président a appelé la semaine dernière "tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros par mois", s'attirant des critiques à droite comme à gauche.

Jonathan Maillard

septembre 11th, 2017

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