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On est carbonisés” : dans les rues de Paris, des livreurs à vélo en bout de course face à la canicule

Écrit par sur juillet 2, 2025

Avec les fortes chaleurs, les coursiers à vélo enchaînent les commandes dans des conditions difficiles. Un syndicat de livreurs milite pour obtenir une prime évènements climatiques.La canicule continue, mais la journée la plus chaude de cet épisode est derrière nous. Avec un pic à 41 degrés à l’ombre mardi 1er juillet dans l’Aude, 40 degrés dans l’Hérault, 37 à Lyon, 38 à Tours, 37 à Lille. Et sous cette chaleur, des livreurs à vélo qui transportent des repas aux clients pour les plateformes Deliveroo et Uber.Devant ce fast-food à Paris, en plein soleil, Saïd et Naïm attendent des commandes pour leurs clients. Les selles de leur vélo sont brûlantes. “Il fait chaud, j’ai galéré… Mais c’est obligé”, raconte le premier. “Il faut payer le loyer et l’électricité, on n’a pas le choix”, lance le second.

Sam, un des employés, les a rarement vus aussi fatigués. “Ils ont chaud, ils boivent de l’eau toutes les cinq minutes, raconte-t-il. À chaque fois qu’ils viennent, ils demandent de l’eau. En plus ils pédalent, ils n’ont pas tous des vélos électriques. Certains se sont carrément arrêtés de travailler, ils ne peuvent pas. D’habitude, ils doivent être une dizaine devant le restaurant, là vous voyez, il n’y a pas grand monde.”

Environ dix euros de plus un jour de canicule

Un troisième livreur arrive, Yvan, 37 ans. Lui est un peu mieux équipé : une tenue de sport, de la crème solaire, une gourde isotherme. “Elle est vide la pauvre, il faut que je la remplisse, lance-t-il. Quand il fait 40 degrés, ça va vite. On a le t-shirt qui devient blanc à certains endroits. Il y a tellement de sueur que c’est le sel qui se retrouve là, c’est fou. Donc il faut être équipé, mais même avec ça ce n’est pas facile.”

L’enfer pendant les trajets, sur le vélo, il sent son cœur battre plus vite, il a du mal à respirer, mais le pire, c’est quand le client lui demande de livrer devant la porte. “Il y a plein de gens qui doivent monter six étages sans ascenseur, mais la personne, quand on monte les six étages, attend au bout du couloir comme ça sur son palier”, souffle Yvan. Tout ça, moralement, et paradoxalement, c’est peut-être ce qu’il y a de plus dur.”

“Et quand vous prenez les conditions de travail, la rémunération qui est dégueulasse, les 40 degrés, etc. Il y a de quoi s’énerver 40 fois par jour.”Yvan, livreur de 37 ans

à franceinfo

Le seul avantage, dit-il, c’est qu’il y a plus de travail, il gagne en moyenne dix euros de plus un jour de canicule. “Je n’ai pas arrêté de tourner. Les gens commandent beaucoup de glaces, beaucoup de choses pour se rafraîchir, ils ne veulent pas sortir. On gagne un peu plus mais c’est complètement l’enfer. On est carbonisés.”

Même s’il est indépendant, il aimerait davantage de soutien de la part de Deliveroo et Uber Eats, par exemple une prime canicule. La revendication est d’ailleurs portée par Union-Indépendants, qui demande une prime évènements climatiques. Le syndicat voudrait aussi que les plateformes réduisent la distance des trajets en période de fortes chaleurs, dix kilomètres maximum, et qu’elles ne sanctionnent pas les livreurs qui mettraient plus de temps à transporter les commandes.