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En Gironde, face au climat, ces maraîchers s’adaptent : “Pour gagner ma vie, je n’ai pas le droit à l’erreur”

Écrit par sur août 22, 2025

Entre Bayas et Lapouyade, trois maraîchers affrontent les vagues de chaleur et cherchent au quotidien des solutions pour maintenir une agriculture bio respectueuse du vivant.Arbres brûlés par le soleil, feuilles tombées avant l’heure, invasion de ravageurs… Les maraîchers font face, chaque jour un peu plus, aux effets visibles du dérèglement climatique. À La Ferme du Cluzet, à Bayas, au nord-est de la Gironde, Hervé Girardot, mais aussi ses voisins Alisson Magnan et Paul Ducos, installés à quelques kilomètres à Lapouyade, prouvent qu’il est possible de produire une nourriture de qualité, sans pesticides et biologique, tout en respectant les sols et le vivant. Tous trois ont choisi une reconversion aussi riche que passionnante en agroécologie. Un travail qui demande une adaptation constante, notamment après les deux récentes vagues de canicule.

Hervé Girardot, qui s’est spécialisé dans le maraîchage de légumes bio qu’il vend à des grossistes pour la restauration collective bordelaise, enchaîne les difficultés depuis son installation. Lors de sa première saison, en juin 2022, l’ancien professeur de mathématiques a dû affronter un orage avec des grêlons gros comme des balles de golf. Une catastrophe qui a ravagé ses cultures et percé la toiture ainsi que les tuyaux d’irrigation. « Les anciens n’avaient jamais vu ça, se remémore-t-il. C’est un épisode violent que nous avons subi de plein fouet. »Des coups durs qui s’enchaînent

Un an plus tard, le néo-maraîcher a dû affronter un été chaud et très sec. Puis, en 2024, « une année diluvienne » durant laquelle il a perdu des cultures entières. « La parcelle de 1 000 mètres carrés de framboisiers a été inondée, ainsi que la rhubarbe alors que ce sont des cultures faites pour résister jusqu’à dix ans pour les premiers et sept à huit ans pour la seconde », explique-t-il. Toutes deux ont été perdues dès la deuxième année, un coup dur pour la ferme.

Cet été, Hervé Girardot cultive courgettes, butternuts et potimarrons dans deux serres de 1 000 mètres carrés chacune. Il dispose aussi d’un potentiel de 8 000 mètres carrés en plein champ, qu’il n’exploite pas entièrement chaque année. Pour l’arrosage, le maraîcher s’approvisionne en eau grâce à un étang situé sur sa propriété. Mais avec les fortes chaleurs estivales, la sécheresse le guette. « Le niveau descend », s’inquiète-t-il. « Cela limite la quantité d’eau de pluie que je peux stocker, et donc les surfaces que je peux irriguer. »Au GAEC Les Jardins de Piconnat, la saison sèche est aussi un fléau. Alisson Magnan et Paul Ducos ne peuvent que constater le lent décès de leurs arbres. L’un d’eux est devenu un nichoir à insectes. Son écorce se détache et nourrit le sol. Un maigre réconfort, dans un écosystème où la nature arrive, malgré le dérèglement climatique, à reprendre ses droits.Les mûres grillent au soleil, et certaines n’auront pas le temps de mûrir suffisamment pour finir en confiture. « C’est la première fois que nous avons autant de pommes, mais les pommiers perdent leurs feuilles. Les fruits mourront avant d’arriver à maturité, car ils ne sont plus protégés du soleil », se désole la maraîchère. Lors de la visite, on passe de la pépinière aux deux serres, puis des jardins extérieurs jusqu’à l’étang. Cette réserve d’eau, elle aussi en baisse chaque jour, est pourtant redevenue un lieu de vie pour les poissons.