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Le corridor de Suwalki, ce talon d’Achille du flanc oriental de l’Otan sur lequel lorgne la Russie

Écrit par sur septembre 14, 2025

Quelques dizaines de kilomètres qui donnent des sueurs froides aux stratèges de l’Otan. Connu sous le nom de “corridor de Suwalki”, la frontière entre la Pologne et la Lituanie a une autre particularité : elle se situe entre l’enclave russe de Kaliningrad et la Biélorussie. Un emplacement stratégique, car il pourrait être la première cible d’une hypothétique attaque russe.

C’est en tout cas la crainte de Varsovie. Alors que des exercices militaires entre la Russie et la Biélorussie ont débuté vendredi sur fond d’intrusions de drones sur les terres de l’Otan, le Premier ministre polonais Donald Tusk en est convaincu : les manœuvres de Moscou et son allié visent à simuler l’occupation du “corridor de Suwalki”. Tout sauf une nouveauté.Couper les pays baltes du reste de l’Otan

Depuis plusieurs années, Vladimir Poutine lorgnerait sur cette bande de terre de 65 km, parsemée de lacs et de forêts. L’Otan considère le corridor comme un potentiel talon d’Achille : en occupant cette zone, les forces russes couperaient les États baltes (Lettonie, Estonie et Lituanie) de l’Europe de l’Ouest. Un rapport publié il y a quelques années par la Rand Corporation avait conclu qu’il “faut au maximum 60 heures aux forces russes pour atteindre Tallinn et Riga“.

Les craintes d’une invasion russe sont nées après l’annexion de la Crimée en 2014. Depuis, l’Otan a multiplié les manœuvres militaires pour affiner la défense de cette région. Notamment pour pallier une décision prise en 1997 : l’Organisation avait en effet choisi de ne pas installer de bases permanentes dans les ex-pays du Pacte de Varsovie. Et cette règle est toujours respectée, malgré le conflit en Ukraine. Les pays baltes, eux aussi, prennent au sérieux la menace russe. La Lituanie a annoncé en mai dernier, craignant d’être la prochaine cible de Moscou si elle remportait sa guerre contre l’Ukraine, qu’elle allait dépenser 1,1 milliard d’euros. Objectif : renforcer la zone, notamment en stockant des armes antichars ou en érigeant des fortifications près du “couloir de Suwalki”. 

Vilnius prévoit aussi d’approfondir les fossés d’irrigation qui pourraient servir de tranchées, de reboiser les zones frontalières et de planter des arbres sur les principales routes afin de protéger les civils et les militaires. Ce nouvel effort financier, étalé sur 10 ans, permettra à la Lituanie de “bloquer et de ralentir les actions d’États hostiles“, selon le gouvernement lituanien.