Dermatose nodulaire : les acteurs de la filière veau tirent la sonnette d’alarme et réclament des aides de l’État
Écrit par Jonathan PIRIOU sur octobre 5, 2025
Dans l’Ain et les pays de Savoie, certaines restrictions liées à l’épidémie de dermatose nodulaire ont été levées, ce samedi. Dans le Rhône, où un foyer a été détecté il y a 15 jours, une zone de restrictions reste en vigueur. Les acteurs de la filière veau tirent la sonnette d’alarme.Confinés dans une étable de Lucenay (Rhône), de nombreux bovins auraient déjà dû quitter leur élevage. Alexandre Riche, éleveur dans la commune, doit alors les nourrir jusqu’à la levée des restrictions sanitaires, liées à l’épidémie de dermatose nodulaire, détectée dans un foyer du département, le 18 septembre dernier.
Pour lui, cette situation est critique et aura des conséquences : “On ne peut faire aucune vente pendant 45 jours donc ça va être très compliqué au niveau de la trésorerie”, déplore-t-il. “Aujourd’hui, les aides financières, c’est pour les élevages qui ont été dépeuplés. Pour les éleveurs, comme nous, qui se trouvent dans les zones de surveillance ou les zones rapprochées, toutes les pertes indirectes, elles sont pour nous, pour l’instant”.
Toute une filière à l’arrêt
Ce n’est pas seulement les éleveurs qui sont touchés mais c’est toute une filière qui est à l’arrêt. Par exemple, un centre de négoce, à Fleurieux-sur-l’Arbresle, reçoit habituellement plus de 1000 veaux par semaine mais depuis 15 jours, il reste vide : “On arrive sur la nouvelle campagne de vêlage, en Rhône-Alpes, c’est environ 175 000 animaux qui sont bloqués en pleine période de sortie, c’est vraiment le pire moment et la plus grosse période de travail pour tous les acteurs de la filière”, se désole Alexandre Berthet, négociant en bestiaux. “On parle des éleveurs mais il y a aussi les abatteurs, les négociants, les transporteurs”.
80% des veaux sont destinés à l’export mais l’épidémie a fermé les frontières commerciales. Les représentants de la profession sont inquiets malgré l’avancée de la vaccination : “Quand on vaccine pour la dermatose, il y a un délai de 14 mois pour rouvrir les frontières à l’exportation, c’est un vrai handicap. Nous n’aurons pas la capacité à contenir l’ensemble des animaux pendant 14 mois sur la zone vaccinale parce que nous n’avons pas les équipements. Il faut trouver des solutions”, confiePascal Girin, Président de la chambre d’agriculture du Rhône.
“On va resombrer dans un flou total”
Cette situation vient doucher les espoirs de nombreux exploitants : “On avait un prix de la viande très correct. Les prix étaient vraiment remontés par rapport aux années précédentes. Les éleveurs sortaient la tête de l’eau mais aujourd’hui on va resombrer dans un flou total sur l’avenir de la filière, si on continue comme ça”, assure Élise Michallet, présidente de la FDSEA 69 et vice-présidente de la chambre d’agriculture du Rhône.
Pour tirer la sonnette d’alarme, une rencontre était organisée, ce samedi 4 octobre, entre le député de la circonscription et des acteurs du commerce du veau qui ne veulent pas être oubliés. “On attend que le monde politique prenne conscience de toute la filière qu’il y a derrière les éleveurs. Cette filière est très importante pour le tissu économique local”, explique Alexandre Carcouet, président régional de la Fédération française des commerçants en bestiaux. Les restrictions concernant les éleveurs devraient être levées le 3 novembre prochain. Pour l’export, les négociations débutent à peine.
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