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Madagascar, Maroc, Népal… Pourquoi la génération Z s’embrase aux quatre coins de la planète

Écrit par sur octobre 18, 2025

Plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud sont secoués par des manifestations de la “Génération Z”, qui font descendre dans la rue des milliers de jeunes âgés de 18 à 30 ans. Organisés sur les réseaux sociaux, ils se battent contre les inégalités et la déconnexion des élites.

Une génération qui entend prendre son destin en main. Le président malgache Andry Rajoelina a été renversé cette semaine, contraint à fuir le pays après des semaines de manifestations de la “Gen Z”, un mouvement composé de jeunes protestataires.

Si la chute du président s’est soldée par un putsch, les militaires qui ont pris le pouvoir ont promis qu’un premier ministre de consensus serait choisi “en concertation avec la Gen Z”, signe du poids de la jeunesse dans l’avenir politique du pays.La révolte des jeunes Malgaches fait écho à d’autres mouvements de colère qui ont éclaté dans le monde ces derniers mois. De l’Indonésie au Népal, en passant par le Pérou et le Maroc, la génération Z – née entre la fin années 90 et le début des années 2010 – fait entendre sa voix contre les gouvernements. Jusqu’à, parfois, les faire plier.

Des contextes sociaux et politiques comparables

Au Népal, la pression de la rue était telle que le Premier ministre n’a eu d’autre choix que de démissionner. La crise avait débuté le 8 septembre, lorsque la police a ouvert le feu dans la capitale sur un cortège de milliers de jeunes qui dénonçaient le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites du pays.

A Madagascar, les “zoomers” étaient d’abord descendus dans la rue pour protester contre les coupures d’eau et d’électricté, sur une île où les richesses naturelles ne profitent pas à la population. Au Maroc, c’est le décès de huit femmes venues accoucher par césarienne dans un hôpital d’Agadir, symbole des défaillances du service de santé public, qui a mis le feu aux poudres cet été.Les pays concernés font partie du Sud global (par opposition au pays du Nord occidentaux, NDLR) et ont une histoire ancienne de contestation coloniale puis post-coloniale”, décrypte pour BFMTV Paolo Stuppia, docteur en sciences politiques à l’université Paris 1, enseignant à Science Po et chercheur associé au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP).

“Ces pays ont des caractéristiques semblables, notamment au niveau démographique puisque la génération Z y représente au moins un quart de la population”, poursuit le chercheur, évoquant aussi “un niveau d’éducation et une urbanisation qui augmentent”.

“Elites corrompues et déconnectées”

Les manifestants ont donc la particularité d’être jeunes, et de se revendiquer sous la bannière de “Génération Z” ou “Gen Z”. De l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique du Sud, leurs revendications sont similaires.

“Il y a une volonté de dénoncer la malgouvernance de ces pays dirigés par des élites politiques considérées comme corrompues et déconnectées du quotidien de la jeunesse”, souligne Paolo Stuppia, co-auteur de Géopolitique de la jeunesse – engagement et (dé)mobilisations (avec Valérie Becquet, Le Cavalier Bleu, 2024).

“Ces jeunes, aujourd’hui, agissent sur d’autres revendications que des revendications purement politiques. Ils ont un besoin radical de cohérence, d’authenticité. Ils veulent comparer, ils jugent tout, ils voient tout, parce qu’ils ont accès constamment aux réseaux sociaux”, ajoute Élodie Gentina, professeur à l’IESEG School of Management spécialiste de le Génération Z citée par RFI.

C’est justement sur les réseaux sociaux que les manifestations sont nées. Au Népal, tout a commencé par la publication sur Instagram et TikTok de vidéos montrant la vie luxueuse des enfants des dirigeants politiques. Des hashtags tels que #NepoKids, dans un raccourci pour népotisme, pointaient le contraste entre le quotidien des citoyens ordinaires et la vie de rêve que les enfants de dirigeants politiques étalent sans complexe.