Des rafales à plus de 400 km/h sur le passage de l’ouragan Melissa : jusqu’où peut aller la vitesse des vents sur Terre ?
Écrit par Jonathan PIRIOU sur octobre 29, 2025
Le phénomène météo qui traverse actuellement les Caraïbes s’accompagne de valeurs parmi les plus hautes jamais enregistrées, approchant le record établi en 1996.Une tempête “monstrueuse”. C’est ainsi que le puissant ouragan Melissa, qui frappe Cuba, mercredi 29 octobre, après avoir balayé la Jamaïque, est décrit par un spécialiste de ces phénomènes, auprès de l’agence américaine AP(Nouvelle fenêtre). Melissa se distingue notamment par des vents extrêmement violents : des rafales allant jusqu’à 406 km/h ont été enregistrées par la Noaa, l’agence américaine chargée de l’observation de l’atmosphère et des océans.
Une telle valeur se place parmi les plus extrêmes jamais mesurées sur Terre, remarque auprès de franceinfo Fabio D’Andrea, climatologue au CNRS. Melissa est “l’un des plus puissants ouragans jamais enregistrés dans l’Atlantique”, selon la Noaa. C’est même l’un des plus puissants à l’échelle planétaire. Le record de la rafale la plus forte jamais mesurée s’établit à 408 km/h. Cette vitesse, homologuée par l’Organisation météorologique mondiale(Nouvelle fenêtre), a été atteinte lors du passage du cyclone Olivia sur l’île de Barrow, en Australie, le 10 avril 1996.
“Pas de limite théorique”
Existe-t-il un plafond pour la puissance des vents sur Terre ? “Non, il n’existe pas de limite théorique”, tranche Fabio D’Andrea, qui est également directeur du département des géosciences à l’Université Paris-Saclay. Il ne faut toutefois pas s’attendre à observer sur Terre des bourrasques soufflant à 1 800 km/h, comme celles qui balaient Saturne selon le Cnes(Nouvelle fenêtre). En effet, les conditions atmosphériques y sont nettement différentes. Là-bas, les contrastes de densité et de température entre les masses d’air beaucoup sont plus importants que sur la Terre, bien plus tempérée.
Mais les scientifiques s’attendent, dans les prochaines décennies, à une intensification des ouragans, en raison du réchauffement climatique lié aux activités humaines et à l’utilisation des énergies fossiles, rappelle Fabio D’Andrea. Lorsqu’il a frappé la Jamaïque, Melissa était classé en catégorie 5, soit la plus élevée, sur l’échelle de Saffir-Simpson. Si une 6e catégorie avait existé, l’ouragan l’aurait atteinte, a estimé sur franceinfo Davide Faranda, directeur de recherche en climatologie à l’institut Pierre-Simon-Laplace.
Les futurs ouragans ne seront pas systématiquement beaucoup plus puissants. Les connaissances actuelles suggèrent qu’ils risquent d’être “un peu plus forts”, selon Fabio D’Andrea. Si l’expert préfère ne pas avancer de chiffre, il faut écarter l’hypothèse de rafales à 500 km/h dans un futur proche. La température de surface des océans, qui ne cesse de s’élever avec le réchauffement climatique, est un facteur important pour la puissance des ouragans, mais il n’est pas le seul à influer. Chaque ouragan est unique, rappelle le spécialiste, soulignant qu’il s’agit de “phénomènes physiques complexes”.
Radio Ice Age France