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Halloween : dix films pour se faire peur (mais pas trop) comme les grands quand on a entre 6 et 12 ans

Écrit par sur octobre 31, 2025

Halloween, ce n’est pas que pour les adultes : de Hôtel Transylvanie à Fog en passant par Coraline ou Edward aux mains d’argent, voici dix idées de films à regarder en famille.Les films peuvent faire peur. Y être confronté fait partie de l’initiation au cinéma, comme de tous les parcours initiatiques. Il n’en reste pas moins que le problème est complexe, dans la mesure où il y a une graduation assez subtile des peurs : il y a la frayeur passagère, face à un sentiment d’étrangeté que l’on va réussir assez vite à apprivoiser ; il y a la peur un peu excitante, comme celle que l’on peut éprouver devant un feu d’artifice, dont le bruit est effrayant mais la lumière attirante ; et puis il y a la vraie peur, la peur inutile, trop forte pour soi, potentiellement traumatisante. Il convient donc de manipuler tout cela avec prudence.Pour fêter Halloween dignement en jouant à se faire peur, et apprendre à grandir avec les films, la rédaction vous propose donc une sélection de dix films à regarder avec vos enfants. Classiques du cinéma, films d’animation tous publics, curiosités : il y en a pour tous les goûts, toutes les cinéphilies, et bien sûr tous les âges.

Hôtel Transylvanie (Genndy Tartakovsky, 2012) : À PARTIR DE 6 ANSIls sont tous là, de la momie au yéti, en passant par les loups-garous, les zombies, et toute une flopée de créatures issues de l’imaginaire artistique. Décidé à ne pas laisser aux autres géants de l’animation l’apanage des légendes revisitées, Sony s’empare de tous les monstres pour les réunir dans l’impressionnant château du comte Dracula, papa poule qui ne songe qu’à une chose : protéger sa fille des humains brûleurs de sorcières. Alors quand, un siècle plus tard, un jeune humain déluré débarque avec son sac de randonnée et son iPod, c’est forcément le choc des cultures. Et c’est bien ce dernier, qui, dans ce délicieux monde de “freaks”, fait figure de phénomène.L’histoire ne surprendra personne : Mavis et Jonathan ont le coup de foudre, et il leur faudra surmonter une série de déboires, avant qu’ils ne soient réunis avec la bénédiction de Papa Dracula. Libre alors aux scénaristes de broder une infinité de gags autour des situations de départ, et ils ne s’en privent pas. / Marine Quinchon

Zombillénium (Arthur de Pins, Alexis Ducord, 2017) : À PARTIR DE 7 ANSAu nord, c’étaient les corons…” : la chanson de Pierre Bachelet résonne dès les premières séquences, autour de la fournaise de l’enfer qui brûle dans le sous-sol du Zombillénium. Mais ici les démons, zombies et autres vampires ont remplacé les mineurs de fond. Ou peut-être en sont-ils les réincarnations… Car c’est à dessein que les réalisateurs ont décidé d’implanter leur parc d’attractions dans le Nord de la France. Pour la lumière brumeuse et inquiétante, d’une part, pour le contexte social sinistré, de l’autre.Arthur de Pins et Alexis Ducord revendiquent en effet deux niveaux de lecture dans cette adaptation au cinéma de la BD à succès du premier : l’un pour les enfants et l’autre pour leurs parents. Les premiers y trouveront une aventure à la fois drôle et haletante, les seconds une comédie sociale qui dénonce les travers d’un capitalisme cynique. / Isabelle Boudet

L’Homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957) : À PARTIR DE 8 ANSQuelle étrange voix off ! C’est celle de Scott Carey, le héros malheureux de cette aventure extraordinaire, qui en est aussi le narrateur. Mais d’où nous parle-t-il ? Quelle est sa taille lorsque sa voix nous parvient ? L’Homme qui rétrécit est la chronique d’une lente disparition, d’un passage à l’invisibilité.C’est une série B, comme Hollywood en produisit beaucoup dans les années 1950. La contrainte stimulante d’un budget serré obligeait les cinéastes à faire preuve d’imagination et de pragmatisme. Ainsi, l’utilisation ici de l’ellipse est une façon magnifique de figurer par étapes le rapetissement, processus lent et non spectaculaire par nature.

Comment survivre dans un environnement qui n’est pas à son échelle ? N’est-ce pas ce à quoi sont quotidiennement confrontés les enfants ? Ces objets placés trop hauts, cette perception différente des espaces font que les enfants sont souvent, eux aussi, les explorateurs inquiets d’un cadre familier.Le film est rigoureusement scénarisé par un maître du fantastique, Richard Matheson. En effet, chaque scène est construite comme une séquence autonome, avec un thème, son développement, et une chute saisissante. Après une première partie où le drame s’incarne plutôt dans les dialogues, les séquences se déroulant dans la cave sont d’une grande puissance d’évocation.

L’œil enfantin jubile de regarder ces boîtes d’allumettes immenses, ces clous monstrueux et surtout cette innocente araignée, devenue, par un simple déplacement du point de vue, un des plus terrifiants monstres de cinéma. Une incroyable aventure humaine, racontée par un atome. / Jef Costello

Les Sorcières (Nicolas Roeg, 1990) : À PARTIR DE 8 ANSOn a connu Nicolas Roeg moins léger que dans cette adaptation de Roald Dahl, destinée il est vrai à un jeune public. Pour autant (et comme dans les deux œuvres suscitées, parmi ses plus connues), le récit s’ouvre sur un deuil et, l’air de rien, ne se départ jamais d’une étrangeté bienvenue.

Les faces hideuses des sorcières retirant leurs masques humains, le soupçon de macabre affleurant ici et là (l’histoire d’un enfant prisonnier d’un tableau, et dont le portrait vieillit au fil des années) sont aisément diluées dans des péripéties drolatiques (le héros, changé en rongeur, vit des aventures préfigurant celles de Ratatouille), ou désamorcées par les apparitions de Rowan Atkinson (Mr. Bean), mais le film n’en échappe pas moins à l’écueil du conte édulcoré. Ce peut être encore le fait d’un décadrage impromptu, d’un gros plan captant l’expression grotesque d’un visage…Tout est bien qui finit bien, mais le chemin emprunté pour arriver jusque-là aura connu quelques vibrations singulières. Où l’on reconnaît la marque de deux auteurs, Dahl (pour lequel l’irruption du merveilleux ne va pas sans un soupçon d’humour noir) et Roeg (dont le film demeure, à ce jour, l’unique incursion dans le cinéma pour enfants), dont la rencontre accouche d’un récit teinté d’une douce inquiétude. / Thomas Fouet

Coraline (Henry Selick, 2009) : À PARTIR DE 9 ANSSi l’on considère le cinéma comme un formidable pourvoyeur d’émotions de toutes sortes, peut-il aussi faire peur aux enfants ? Ou plutôt : les enfants ont-ils la capacité d’avoir peur au cinéma ? Il n’est bien sûr pas question de les effrayer en jouant sur la répulsion ou la sidération, mais de les inviter à jouer à ressentir une inquiétude diffuse, à s’immerger dans une atmosphère étrange. Bref, à faire un tour en train fantôme.Les Autres (Alejandro Amenábar, 2001) : À PARTIR DE 12 ANSAvec Les Autres, Alejandro Amenábar signe un film d’angoisse intimiste et d’un classicisme étonnant. Un film nourri de référence assumées à des classiques de l’épouvante (Les InnocentsLa Maison du diable), qui revient aux recettes d’un frisson à l’ancienne, fondé sur la suggestion et non sur les effets spéciaux.

Le résultat est superbe. D’une part Amenábar joue avec nos nerfs de manière méticuleuse et experte, mais ce n’est pas le principal. En délestant le fantastique de toute la pacotille habituelle, il nous plonge aux sources mêmes de nos frayeurs enfantines. Et puis surtout, bonus inestimable, il nous entraîne dans un vrai drame psychologique absolument bouleversant.