Pensions, impôts… Ce qui change pour le pouvoir d’achat des retraités avec le Budget 2026
Écrit par Jonathan PIRIOU sur novembre 14, 2025
Les mesures étaient inflammables. Les députés ont volé au secours des retraités ces mercredi 12 et jeudi 13 novembre 2025. Explications.Le gouvernement veut redresser les finances publiques, mais il encaisse surtout ces derniers jours des échecs sur ses projets. L’Assemblée nationale a ainsi très largement rejeté ce mercredi 12 novembre 2025 le gel des pensions de retraite pour 2026, l’une des mesures les plus inflammables de la séquence budgétaire.
Conséquence pour les retraités ? Ils devraient finalement bien voir leur pension du régime général revalorisée à hauteur de l’inflation. Un « dégel » des pensions de base qui doit néanmoins encore être confirmé par le Sénat ou l’Assemblée en dernière lecture. Voici ce qu’il faut retenir des dernières mesures en faveur du pouvoir d’achat des retraités.+ 1 % environ d’augmentation en janvier 2026
Si cela était confirmé, donc, les pensions de base des retraites qui avaient augmenté de 2,2 % au 1er janvier 2025, à hauteur de l’inflation, augmenteront donc aussi au 1ᵉʳ janvier 2026, mais vraisemblablement d’environ 1 % seulement, d’après les calculs de la Commission des comptes de la Sécurité sociale.
Ce gel figurait au projet de budget de la Sécurité sociale, mais c’est l’ensemble de l’article qui a été supprimé en première lecture, ce mercredi, contre l’avis du gouvernement, par des voix conjuguées de la gauche, de l’alliance Rassemblement national-UDR, et d’une partie du camp gouvernemental, dont Les Républicains (308 voix contre 99).
Il est hors de question de s’attaquer au pouvoir d’achat (…) de ceux qui ont travaillé toute leur vie.Laurent WauquiezPatron du groupe Les Républicains, lors du vote
Le gouvernement prévoyait un « gel de l’ensemble des retraites de base » en 2026, donc, mais aussi de sous-indexer les pensions de retraite de 0,9 point en 2027, puis de 0,4 point pour les années suivantes, jusqu’en 2030. C’est aussi non pour les députés, en première lecture.Non à l’abattement forfaitaire de 2 000 euros
Et le gouvernement a subi un autre revers dans la foulée, ce jeudi matin, 13 novembre 2025 : les députés ont maintenu l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites, dont la suppression aurait généré d’importantes économies pour l’État, là aussi. Conséquence, de nombreux retraités devraient échapper à une hausse d’impôt en 2026.La copie initiale du budget de l’État pour 2026 prévoyait de remplacer cet abattement de 10 % dont les retraités bénéficient sur leur pension, par un abattement forfaitaire de 2 000 euros, avec un rendement attendu de 1,2 milliard d’euros. Raté, là encore.
L’objectif, selon la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, était de créer de « la solidarité entre retraités » en permettant une « baisse d’impôt pour 1,6 million » des plus modestes, tout en augmentant celui des autres.
Mais la mesure a (aussi) provoqué une levée de boucliers lors de son examen en première lecture à l’Assemblée. L’essentiel de la gauche, de l’alliance RN-UDR et des députés LR ont joint leurs voix pour l’effacer.Les pensions complémentaires du privé, elles, ne seront pas revalorisées
Ce vote intervient après le vote emblématique ce mercredi 12 novembre de la « suspension » de la réforme des retraites de 2023, l’une des conditions de la non-censure des socialistes du gouvernement de Sébastien Lecornu. La mesure doit désormais survivre néanmoins à la navette parlementaire, alors que les députés ont transmis le texte au Sénat sans avoir pu l’examiner dans sa totalité, à l’issue d’une ultime soirée marquée par une extrême tension.
Reste cependant une mauvaise nouvelle pour les retraités du privé, et qui ne changera pas, elle. Vendredi 17 octobre, les syndicats et le patronat, qui gèrent la caisse de pensions complémentaires Agirc-Arrco, ont été incapables de s’entendre sur la revalorisation des prestations. Celles-ci seront donc gelées, du 1ᵉʳ novembre jusqu’au 31 octobre 2026, ce qui se traduit par une perte de pouvoir d’achat pour les quelque 14 millions de personnes concernées. L’inflation pourrait être donc 1 % en 2025, tandis que les prévisions tablent sur 1,3 % pour 2026.
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