Orpaillage illégal en Guyane : la ministre de la transition écologique « réfléchit à mettre au tribunal les pays voisins »
Écrit par Jonathan PIRIOU sur novembre 24, 2025
Interpellée lundi à Cayenne sur l’orpaillage illégal lors d’une rencontre avec les acteurs de la filière bois en Guyane, la ministre de la transition écologique et de la biodiversité, Monique Barbut, a évoqué la possibilité d’attaquer en justice les états voisins. – Suriname et Brésil – où se trouvent les bases arrière des chercheurs d’or clandestins.L’orpaillage illégal est devenu une économie parallèle, beaucoup de soldats y ont perdu la vie », a d’abord déclaré la ministre, après avoir été interpellée sur cette question par Patrick Lecante, maire de Montsinéry-Tonnégrande et président du Comité de bassin de Guyane.« Je suis favorable à des mesures très dures », a poursuivi Monique Barbut. « Je suis en train de réfléchir à mettre au tribunal les pays voisins, c’est un peu une petite bombe atomique », a-t-elle ajouté. Les pays voisins de la Guyane sont le Brésil le Surinam, où se trouvent les bases arrière des chercheurs d’or clandestins, leur assurant le ravitaillement en vivres en matériel depuis plus de vingt ans. C’est aussi par là que sort l’or extrait clandestinement en Guyane.« L’orpaillage illégal, l’Etat français n’y est pour rien », a précisé la ministre de la transition écologique et de la biodiversité. « Avant cette petite bombe atomique, essayons l’armement léger… Augmentation des patrouilles conjointes, coopération judiciaire renforcée… », a indiqué Monique Barbut devant une assistance composée des représentants de la filière bois de Guyane (exploitants forestiers, ONF, scieurs, transformateurs du bois, architectes…) « Je ne veux pas me résoudre à voir des gens mourir à cause de la pollution de l’eau, et voir aussi des déchets sur le fleuve dus aux voisins. Essayons la coopération transfrontalière renforcée, mais si ça ne marche pas, il faudra réfléchir à ce que chacun prenne ses responsabilités », a conclu Monique Barbut sur ce point.Depuis le début de l’opération Harpie de lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane en 2008, dix militaires français sont morts en opération soit par accident, soit après avoir été pris à partie par des chercheurs d’or clandestins brésiliens, selon les autorités. Le dernier décès remonte au 2 novembre, un caporal du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces étant « porté disparu » alors qu’il réalisait un « franchissement en eaux vives » pour se rendre sur un site clandestin.
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