“Une très mauvaise nouvelle”, “un très bon signe”… Les réactions politiques après l’adoption du budget de la Sécu
Écrit par Jonathan PIRIOU sur décembre 9, 2025
Les députés ont adopté mardi de justesse le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026.L’Assemblée nationale a adopté mardi 9 décembre le budget de la Sécurité sociale, à 13 voix près. Une victoire majeure pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui gagne son pari dans une Assemblée sans majorité et sans avoir utilisé le 49.3. Il “remercie” d’ailleurs sur X les députés pour leur “responsabilité“. “Cette majorité de responsabilité montre que le compromis n’est pas un slogan : il permet d’avancer dans le sens de l’intérêt général”, poursuit le Premier ministre qui rappelle que “les trois parties du PLFSS pour 2026 – recettes, dépenses, et compte de l’année en cours – ont été adoptées librement, sans 49-3, une première depuis 2022”.Le chemin n’est pas fini”, déclare ce mardi la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, après le vote par les députés du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. “Mais cela montre que, sur les équilibres que nous avons trouvés, il y a une majorité à l’Assemblée nationale”, assure-t-elle. “Donc, c’est un très bon signe”, affirme la présidente de l’Assemblée nationale. “L’immense probabilité pour la suite des événements, c’est que le texte puisse être adopté définitivement, mais la navette se poursuit”, conclut-elle.“C’est une étape majeure qu’on ne minore pas”, affirme Maud Bregeon, à franceinfo. La porte-parole du gouvernement salue “une première dans la Ve République qui consacre une méthode et la bonne volonté d’une majorité de députés”. Mais elle prévient que “le chemin est encore long, entre la lecture définitive du PLFSS et la suite du PLF”.
Le PS estime n’avoir “trahi personne”
“Je crois que nous n’avons trahi personne”, assure de son côté le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. “Au contraire, nous sommes de ceux qui n’ont pas attendu un grand soir hypothétique pour obtenir des victoires”, ajoute le député. À la sortie de l’hémicycle, Olivier Faure estime également que “ce budget n’est le budget de personne” et que “cette victoire est d’abord celle du Parlement” et du compromis trouvé.
“Ce soir, tous ceux qui ont participé à ce résultat ont fait tout simplement leur job de parlementaire, c’est-à-dire représenter les Français qui leur ont demandé de trouver des solutions”, estime quant à lui le député socialiste Jérôme Guedj.
“Nous avons fait le pari du débat parlementaire, c’est-à-dire de la démocratie”, réagit le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud. “Ce soir, nous pouvons dire que nous avons fait œuvre utile”, poursuit-il, “certains font feu sur les socialistes, je dois vous dire que ça ne nous impressionne pas.”
“Une très mauvaise nouvelle pour le pays”, dénonce LFI
La cheffe de file des députés insoumis, Mathilde Panot, dénonce “une très mauvaise nouvelle pour le pays”. “Ceux qui ont voté pour ce budget, ou laissé passer ce budget par leur abstention, permettraient, si ce budget était réellement adopté en dernière lecture, de faire quatre milliards de coupes sur la santé, et notamment sur l’hôpital public”, estime la députée. Mathilde Panot juge que le vote du PS en faveur du PLFSS “confirme le changement d’alliance du Parti socialiste qui décide de rejoindre le camp des soutiens du gouvernement”.
“Ce budget n’empêchera pas la crise financière, il l’aggravera parce qu’il montre un pouvoir aux abois, sans ligne, ni cohérence”, dénonce ce mardi sur X le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, après l’adoption du PLFSS par les députés. “Sans augmentation des recettes et sans diminution des dépenses par la prévention, cet exercice purement comptable n’a aucune cohérence”, insiste-t-il.
“Ce budget n’empêchera pas la crise financière, il l’aggravera parce qu’il montre un pouvoir aux abois, sans ligne, ni cohérence”, dénonce sur X le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. “Sans augmentation des recettes et sans diminution des dépenses par la prévention, cet exercice purement comptable n’a aucune cohérence”, insiste-t-il.
“Ce sont les Français qui paient la facture” pour le RN
“C’est l’agonie du macronisme et ce sont les Français qui paient la facture”, soutient Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme, après le vote mardi soir par les députés du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. “Ce budget de la Sécurité sociale, c’est 20 milliards de déficit”, déplore le député RN. “On a jamais vu ça sous la Ve République, plus de déficit, plus d’impôts et moins de droits sociaux”, dit-il.Les Républicains divisés
Le patron de LR Bruno Retailleau a dénoncé “un budget qui n’est pas bon pour la France” et qui ne répond pas aux “convictions” de la droite, même si 18 députés de son parti ont approuvé celui de la Sécurité sociale pour 2026. “Je persiste à dire que ce n’est pas un bon budget pour la France”, a déclaré à la presse le président des Républicains à son arrivée au repas de Noël de la fédération des Yvelines du parti. “Ce ne sont pas nos convictions ni nos propositions”, a-t-il ajouté.
Le député LR de la Haute-Loire, Laurent Wauquiez, se montre lui plus mesuré. “Nous nous sommes battus tout au long des débats pour l’améliorer : suppression de hausses d’impôts, retour de la défiscalisation intégrale des heures supplémentaires, revalorisation des retraites… Ce texte n’est ni parfait, ni idéal. C’est un moindre mal”, estime-t-il sur le réseau social X.
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