On a essayé de joindre nos copains, pas de réponse” : à Crans-Montana, l’angoisse des proches des disparus
Écrit par Jonathan PIRIOU sur janvier 2, 2026
L’enquête et l’identification des victimes continuent après l’incendie meurtrier d’un bar de la station de ski suisse. Les proches des disparus sont rongées par l’inquiétude.« Est-ce qu’ils vont bien ? Est-ce qu’ils sont juste à l’hôpital ? » : des heures après les flammes qui ont ravagé jeudi 1er janvier 2026 le bar de Crans-Montana en Suisse, Éléonore et Elisa, 17 ans, sont rongées par l’inquiétude.
Plusieurs de leurs amis étaient présents dans le bar Le Constellation et sont portés disparus, alors qu’une quarantaine de personnes ont péri et que plus d’une centaine d’autres ont été blessées (pour beaucoup des jeunes) et pour beaucoup grièvement.
L’origine de la déflagration, survenue vers 1 h 30 dans la nuit de la Saint-Sylvestre, reste inconnue. Des dizaines de corps calcinés doivent encore être identifiés. Neuf Français ont été blessés et huit autres comptent parmi les disparus. On a essayé de joindre nos copains »
Non loin d’Éléonore et Elisa, l’établissement Le Constellation est désormais caché à la vue des passants par des bâches opaques blanches.
« On a essayé de les joindre, certaines de leurs localisations sont encore placées ici », témoigne comme abasourdie l’une des adolescentes qui réside dans une autre commune du Valais proche de la station de ski alpine huppée.Peut-être qu’ils ont perdu leur téléphone », avance en essayant d’y croire celle qui devait aussi venir dans ce bar mais à qui ses parents ont dit qu’ils préféraient qu’elle reste avec eux.Du temps pour identifier les victimes
D’autres proches se démènent et font circuler sur les réseaux sociaux des photos de leurs proches, souvent des visages juvéniles.
Une autre jeune femme indique à l’AFP avoir tout juste « réussi à avoir des nouvelles » d’un de leurs copains : « il est complètement brûlé, il est dans le coma » à Lausanne (à l’ouest de la Suisse).Les autorités helvétiques l’ont répété jeudi 1er janvier 2026 : il faudra du temps pour identifier les victimes, l’accent est mis pour l’heure sur la médecine légale. Cinq blessés sur 112 n’étaient pas identifiés, indiquait jeudi soir à l’AFP l’ambassadeur d’Italie Gian Lorenzo Cornado.Une cellule de cirse mise en place
À quelques centaines de mètres du bar incendié et d’une allée piétonne bordée de pins aux guirlandes dorées, une cellule de crise a été installée dès jeudi dans le centre des congrès de la station de ski.
Le lieu est un peu excentré par rapport aux ruelles passantes et commerçantes. La zone est bouclée à la presse, l’entrée barrée par des policiers.
Là, des familles de victimes sont reçues. Comme cette adolescente à la longue tresse et le regard planté dans le sol, sur qui se penche et parle un homme, brassard de l’UNIP au bras, cette unité d’intervention psychosociale de Neuchâtel (Suisse).
Dans une salle plus en retrait, un autre volontaire vêtu d’une chasuble bleue s’agenouille et s’adresse à un couple à l’air éprouvé.Des jours voire des semaines d’attente
Dans ce centre improvisé, policiers, protection civile ou encore diplomates tentent d’orienter des proches désemparés.
« Nous devons être efficaces pour tout entreprendre, […] pour les parents qui attendent les proches, qui ne savent pas ce qu’il se passe, l’identification », assurait jeudi après-midi Guy Parmelin, le président de la Confédération helvétique, évoquant « le travail extrêmement difficile » mené par les spécialistes.
[Concernant] les personnes qui sont intervenues sur le plan psychologique, il y a ceux qui ont vu les scènes, ceux qui ont aidé et ceux qui vont encore le faire, je vous prie de croire que c’est quelque chose qui va être de longue durée.Guy ParmelinPrésident de la Confédération helvétique
D’importants moyens sont mobilisés « pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible », a appuyé Béatrice Pilloud, la procureure générale du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse. Car l’attente risque d’être très longue pour les proches.
D’après François Daoust, directeur du centre de recherche de la gendarmerie nationale, « ce sont encore des jours, voire des semaines qu’il conviendra d’attendre pour les familles, pour avoir une réponse quant à l’identification de leurs proches ».
Radio Ice Age France