Budget 2026 : Sébastien Lecornu dégaine finalement le 49.3 après quatre mois de blocage
Écrit par Jonathan PIRIOU sur janvier 19, 2026
Depuis plusieurs jours c’était acté : il n’y aurait pas de vote sur le budget. Le texte passera par 49.3, annonce Sébastien Lecornu. Sauf s’il est censuré.S’il a essayé une nouvelle méthode pour décrocher un vote sur le budget 2026, Sébastien Lecornu n’aime pas non plus les sauts dans l’inconnu. Alors que l’inéluctable est annoncé depuis plusieurs jours et qu’il apparaissait certain que le vote du texte n’aurait pas lieu à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a dévoilé comment il comptait faire passer le projet de loi de finances pour 2026 ce lundi 19 janvier 2026.
Aussi, le Premier ministre revient sur son engagement : le budget passera par un 49.3, affirment à l’AFP des sources parlementaires et de l’exécutif. LFI annonce déposer une motion de censure.Ultimes cartes abattues
Si ce n’est pas une surprise étant donné les débats moribonds sur les bancs du Palais Bourbon, il n’empêche que l’affaire n’était pas si simple. Aussi, pour tenter de ne pas être censuré, Sébastien Lecornu a multiplié les annonces vendredi à destination des socialistes, mais aussi de la droite en faisant des concessions sur le social tout en assurant rester dans son objectif de 5 % de déficit cher à la droite.
En présentant un budget « meilleur », le Normand a annoncé une hausse de la prime d’activité pour trois millions de personnes. Il a aussi promis de ne pas toucher à l’abattement des retraités pour l’impôt sur le revenu, un impôt dont les barèmes seront bien indexés à l’inflation, et il n’y aura finalement pas de coup de rabot sur les APL.
Sébastien Lecornu s’est aussi engagé à pérenniser les repas à un euro à l’université, il a promis des moyens pour la recherche et davantage de budget pour les bailleurs sociaux et le maintien de MaPrimeRénov’.
C’est également la proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises qui a été retenue in fine, pour un rendement de huit milliards d’euros en 2026, comme en 2025.
La voie d’une non-censure
De quoi satisfaire les socialistes, a confirmé le chef des députés PS, Boris Vallaud. Ces annonces permettent « d’envisager une non-censure », a-t-il confirmé lundi. L’heure est donc à la calculatrice du côté de Matignon, et les chiffres pourraient bien être en faveur du gouvernement.Aussi, Sébastien Lecornu devra recourir trois fois au 49.3 (dépenses, recettes, texte global) et donc s’exposer à plusieurs motions de censure de La France insoumise et du Rassemblement national.
Celles du RN ne seront pas adoptées, car la gauche ne les votera pas. Par principe républicain. En revanche, celles de LFI sont nettement plus menaçantes. Preuve en est : sur la question du Mercosur, la motion de censure insoumise est passée à 32 voix d’être adoptée.
Socialistes et apparentés représentent 69 sièges et décident donc du sort du gouvernement. Peu enclin à l’instabilité, et peut-être que la menace de dissolution a refroidi les esprits, le PS fait donc le choix, a priori, de laisser un Sébastien Lecornu ouvert au compromis, comme chef du gouvernement. Et l’impasse budgétaire est en train de se terminer, après quatre mois de débats enflammés.
Radio Ice Age France