Assassinat de Samuel Paty : un nouveau procès débute, “c’est violent pour la famille”, témoigne la sœur du professeur décapité
Écrit par Jonathan PIRIOU sur janvier 26, 2026
À la veille de l’ouverture du procès en appel de quatre des condamnés pour l’assassinat de Samuel Paty, sa sœur Gaëlle Paty, était présente, dimanche 25 janvier, au festival de la biographie de Nîmes pour dédicacer son livre. Elle revient sur le combat qu’elle mène pour la mémoire de son frère.Gaëlle Paty, la sœur de Samuel Paty, était présente, dimanche 25 janvier, au festival de la biographie de Nîmes pour dédicacer son livre “Samuel Paty : un procès pour l’avenir”. Une rencontre organisée à la veille de l’ouverture du procès en appel de quatre des huit personnes condamnées pour leur rôle dans l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, décapité le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine.
Une équipe de France 3 Occitanie l’a rencontrée.
Quatre condamnés ont fait appel
Dans cet ouvrage coécrit avec deux autres auteurs, Gaëlle Paty revient sur les sept semaines du premier procès, qui s’est tenu à l’automne 2024. Les huit accusés ont tous été reconnus coupables, avec des peines allant d’un à seize ans de prison. Quatre d’entre eux ont fait appel. Ils sont rejugés à partir de ce lundi 26 janvier, jusqu’au 27 février, devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris.
Samuel Paty a été tué après une campagne de haine déclenchée par de fausses accusations relayées sur les réseaux sociaux. Son assassin, Abdoullakh Anzorov, avait été abattu par la police après les faits. La justice a estimé que certains accusés avaient contribué à créer un climat ayant rendu le crime possible, en attisant la haine contre l’enseignant.Au salon de la biographie dimanche, Gaëlle Paty échangeait avec les lecteurs : “Je pense qu’au-delà du courage, c’est la conviction. Avoir des convictions, et aller au bout de ses convictions”.
Continuer de raconter pour ne jamais oublier ce qui est arrivé à Samuel. Sur chaque page de garde, Gaëlle Paty inscrit un message pour accepter, avancer et transmettre, afin que l’effroi ne soit pas la dernière leçon.
Devant elle, des lecteurs de tous âges, comme Sophie Calley, cheffe d’établissement du collège Ada Lovelace, à Nîmes, engagée dans un travail de mémoire. “Nous avons inauguré il y a un an le hall de la laïcité avec trois fresques pour rappeler ce qu’est la laïcité, notamment le portrait de Samuel Paty au sein de notre établissement”, explique-t-elle.Cinq ans après le drame
Sur le terrain, cinq ans après le drame, les enseignants restent profondément marqués. “C’est pour ça que c’est important pour eux aussi de dépasser cette émotion initiale pour pouvoir agir sur le terrain, parce que quelque part, on a besoin d’eux pour qu’il se passe quelque chose auprès de nos jeunes dans les établissements scolaires”, souligne Gaëlle Paty.
Libraire de profession, elle revient aussi sur l’épreuve que représente ce nouveau procès en appel.
“Un procès en assises “terroriste”, c’est violent par les faits, mais aussi par les hommes qui sont présents dans cette cour, qui vont se défendre parfois avec beaucoup de malhonnêteté ou d’agressivité, voire avec une stratégie de défense qui consiste à dire que le cours de mon frère aurait été discriminatoire et islamophobe, et qu’il l’aurait entre guillemets “mérité”.Après ce second procès, Gaëlle Paty espère voir son frère honoré pour son engagement d’enseignant. Elle demande sa panthéonisation, comme symbole pour l’ensemble des professeurs en France.
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