Ce que l’on sait de la mort de Tyah, lycéenne de 16 ans retrouvée pendue dans un parc en Gironde
Écrit par Jonathan PIRIOU sur février 3, 2026
Selon sa famille, l’adolescente, portée disparue depuis le 12 janvier, était victime de harcèlement scolaire dans son lycée, à Pessac.Ses proches redoutaient cette issue. Portée disparue depuis deux semaines, Tyah, une adolescente mahoraise qui vivait à Pessac (Gironde), a été retrouvée morte jeudi 29 janvier. Son corps a été découvert pendu dans un parc, à Lormont, en périphérie de Bordeaux. “C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons que Tyah Halidi Selemani a été retrouvée. (…) Aujourd’hui est un jour de deuil”, a écrit sa mère, Nathalie Ratsimivony, dans le texte accompagnant une cagnotte en ligne(Nouvelle fenêtre) destinée à financer les funérailles de la jeune fille de 16 ans.
Selon sa famille, l’adolescente était victime de harcèlement scolaire dans son lycée. Franceinfo résume ce que l’on sait de cette affaire, alors que des investigations ont été confiées à la police et qu’une enquête administrative a été lancée par le rectorat de l’académie de Bordeaux.
Tyah était portée disparue depuis le 12 janvier
Durant plusieurs jours, les proches de Hatyce Halidi Selemani, connue sous son deuxième prénom, Tyah, ont nourri l’espoir de la retrouver. L’adolescente a été vue pour la dernière fois dans l’après-midi du lundi 12 janvier. Ce jour-là, Tyah était rentrée déjeuner avec sa famille, mais elle n’est pas retournée au lycée Pape-Clément de Pessac, où elle était scolarisée en classe de première, précise Mayotte La 1ère(Nouvelle fenêtre).
Dès le 20 janvier, la police nationale a lancé un avis de recherche pour disparition inquiétante de personne mineure. D’importants moyens policiers ont été déployés, souligne France 3 Nouvelle Aquitaine(Nouvelle fenêtre). Les enregistrements des caméras de surveillance des lieux où Tyah aurait été aperçue ont été analysés et les pompiers ont prêté main-forte aux forces de l’ordre pour ratisser différentes zones de la métropole bordelaise où elle aurait pu se trouver. Les berges de la Garonne ont également été inspectées, avec l’appui de drones et d’une équipe cynophile. Sa famille a de son côté multiplié les appels à témoins et les vidéos sur les réseaux sociaux pour tenter de la retrouver, détaille Mayotte La 1ère.
Son corps a été retrouvé pendu dans un parc
Après plus de quinze jours de recherches, un corps sans vie a été découvert, pendu, par un promeneur, le 29 janvier en fin d’après-midi, dans le parc de l’Ermitage, à Lormont, à une vingtaine de kilomètres du domicile familial. Le parquet de Bordeaux a confirmé le jour même qu’il s’agissait bien de Tyah. Dans un communiqué, il a annoncé que sa dépouille devait “être transportée à l’institut de médecine légale de Bordeaux afin qu’une autopsie soit réalisée”, pour déterminer les circonstances exactes de sa mort.
“Une dispute” au lycée le jour de sa disparition
Tyah était “une bonne élève, avec de très bonnes notes, gentille”, raconte son père, Nourdine Halidi Selemani, auprès de Mayotte La 1ère(Nouvelle fenêtre). “Elle avait tout l’avenir devant elle et, maintenant, elle n’est plus là”, témoigne-t-il. Quelques jours plus tôt, sa mère, Nathalie Ratsimivony, évoquait auprès de la chaîne locale le contexte scolaire difficile dans lequel évoluait sa fille. Elle avait appris en décembre, lors d’un entretien avec l’infirmière du lycée, que Tyah était victime de harcèlement et avait sollicité une aide psychologique. Une rencontre avait eu lieu avec l’équipe pédagogique à la suite d’un différend avec d’autres élèves. Lors de cette réunion, l’adolescente aurait fondu en larmes, précise Mayotte La 1ère.
La famille a aussi rapporté une seconde altercation, le jour de la disparition de la lycéenne. “Des élèves nous ont donné des informations. Il y a eu une dispute le matin du 12 janvier dans la cour de récréation de l’école, entre Tyah et un groupe d’élèves”, raconte sa mère. La grande sœur de l’adolescente, Naïsha, évoquait aussi une possible histoire de “triangle amoureux”.
Dans un témoignage accordé à BFMTV(Nouvelle fenêtre) dimanche, la mère de la jeune fille, accompagnée de deux de ses enfants, a déclaré que “Tyah s’est confiée à une élève”, disant que “si le harcèlement à l’école continuait, elle [allait] se suicider”. “Mais vis-à-vis de ça, on n’a pas eu de suivi auprès du lycée pour savoir si ces personnes ont été interpellées ou convoquées”, a déploré Erwan, le frère de l’adolescente, sur la chaîne d’information en continu.
Des enquêtes ouvertes par le parquet et le rectorat
Le lycée Pape-Clément a mis en place une cellule psychologique au lendemain de la découverte du corps de Tyah. “Le recteur a souhaité qu’une enquête administrative soit diligentée par le rectorat dès le début de la semaine [du 2 février] afin qu’il puisse disposer de tous les éléments”, a déclaré lundi le rectorat de Bordeaux à BFMTV.
La mère de Tyah a par ailleurs écrit au recteur de l’académie pour dénoncer des faits de harcèlement dont aurait été victime sa fille, a révélé Sud-Ouest(Nouvelle fenêtre) lundi. Selon le quotidien, la lettre a été transmise au parquet de Bordeaux, qui a saisi la division de la criminalité territoriale (DCT). L’enquête a été confiée à l’antenne bordelaise de l’Office des mineurs (Ofmin), chargée d’entendre l’entourage de l’adolescente ainsi que des employés du lycée. La piste priviligée est pour l’instant celle du “geste de désespoir”, affirme le quotidien.
Le décès de Tyah intervient quelques jours après celui d’une autre adolescente, Camélia, qui a mis fin à ses jours le 13 janvier en Seine-et-Marne. D’après sa famille, la jeune fille était, elle aussi, victime de harcèlement scolaire.
Radio Ice Age France