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Cybermalveillance : près d’un maire sur trois a reçu des insultes ou des menaces sur les réseaux sociaux

Écrit par sur mars 5, 2026

En 2025, alors que les élus sont de plus en plus actifs sur les réseaux sociaux, près d’un maire sur trois reconnaît subir des insultes ou des agressions en ligne, selon une étude de l’Association des maires de France (AMF) et du Cevipof, révélée ce jeudi en exclusivité par ICI.

À quelques jours du premier tour des élections municipales, de nombreux candidats utilisent les réseaux sociaux pour faire campagne. Une pratique qui n’est pas sans risque. Selon une étude de l’Association des maires de France (AMF) et du Cevipof, révélée ce jeudi en exclusivité par ICI, près d’un maire sur trois a reçu des insultes ou des menaces sur les réseaux sociaux“28% des maires faisaient état d’au moins une attaque sur les réseaux sociaux à leur encontre” en 2025, détaille l’étude, qui pointe du doigt une hausse de la cybermalveillance. En 2020, la proportion de maires ayant reçu des attaques sur les réseaux sociaux était de 20%.Les maires utilisent de plus en plus les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés, ajoute l’étude, qui montre comment les plateformes sont devenues incontournables, y compris dans les petites villes. Selon l’étude, 100% des grandes villes (plus de 100.000 habitants) sont présentes sur Facebook et près de deux tiers des communes moyennes ont des comptes actifs sur X, Instagram ou Facebook.

Les maires aussi utilisent de plus en plus les réseaux sociaux avec des comptes personnels (49% en 2020), ce qui leur permet de se faire entendre, même avec très peu de moyens. “Tout le monde vit dans cette espèce d’illusion qu’à partir du moment où on a un compte Facebook depuis 10 ans, on sait comment ça fonctionne. Alors que ça n’a rien à voir, prévient Olivier Costa, directeur de recherche CNRS au Cevipof.Une personne lambda ne se fait pas attaquer sur les réseaux sociaux tous les jours”.

Les poursuites doivent être systématiques

Voici les principales erreurs commises par les communes sur les réseaux sociaux, selon l’étude : mélanger le compte officiel de la ville et le compte privé, répondre aux attaques et aux polémiques, perdre son calme ou encore prendre position sur un débat explosif, manquer d’empathie ou encore donner trop de justifications techniques en cas de critiques sur la réalisation de travaux publics par exempleL’étude pointe aussi une amélioration possible, du côté du droit. Les poursuites doivent être systématiques lors de cyberharcèlement et ne doivent pas reposer uniquement sur la décision de l’élu attaqué, propose Olivier Costa : “De la même manière qu’on n’a pas le droit d’insulter les gens sur une nationale, on n’a pas le droit d’insulter les gens sur les réseaux sociaux. Que toutes les règles que les gens connaissent s’appliquent sur les réseaux sociaux. Parfois les gens en sont tout surpris.”

En 2023, Christian Eurgal, le maire de Montjoi dans le Tarn-et-Garonne, avait ainsi porté plainte après des insultes ou des menaces de mort le visant sur les réseaux sociaux. Ces plaintes ont abouti à plusieurs condamnations. En 2024, un éleveur de cochons a été condamné à un an de prison avec sursis pour outrage et le youtubeur d’extrême droite Papacito à une amende de 5.000 euros pour injures homophobes et incitation à la violence.


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