Sifflets, cirés jaunes et balises : nos 10 conseils pour ne pas se faire piéger par les grandes marées
Écrit par Jonathan PIRIOU sur avril 18, 2026
Un nouvel épisode de grandes marées a lieu du 17 au 19 avril 2026. Les coefficients iront jusqu’à 105, la mer se retirera loin et remontera plus haut ensuite sur l’estran. Mais les grandes marées peuvent surprendre, même les habitants du littoral. ICI vous livre 10 conseils pour éviter les pièges.
C’est l’un des moments de l’année très attendus par les touristes et les pêcheurs à pied : des grandes marées auront lieu à la fin de la semaine, du 17 au 19 avril 2026. Mais comme toujours, le phénomène n’est pas sans risque. Ces grandes marées sont attendues en pleines vacances scolaires de printemps et alors que le week-end doit être ensoleillé selon les prévisions de Météo France. Le nombre de pêcheurs à pied sur l’estran et de promeneurs sur les passages submersibles risque d’être important. « La principale cause d’isolement par marée demeure la négligence de la part des promeneurs et estivants, mais aussi une méconnaissance de l’environnement maritime. Il suffit de quelques minutes pour se faire surprendre par la marée et les courants et susciter la mobilisation de moyens de secours importants – aériens et nautiques », avertit la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, qui comptabilise 695 personnes isolées par la marée (dont un décès) sur sa zone en 2025. ICI liste 10 conseils pour éviter de se retrouver piégé et profiter à fond du spectacle des grandes marées, dont les coefficients iront jusqu’à 104 et 105 (samedi et dimanche).
Consulter les horaires de marée
C’est le piège le plus courant : oublier de regarder les horaires de marées, ou se dire que ce sera comme la veille. Les horaires de marées varient de quelques dizaines de minutes d’un jour sur l’autre et ne sont pas les mêmes selon l’endroit. Les horaires de marées sont notamment à retrouver sur le site du service hydrographique et océanographique de la marine, le SHOM.
Prendre en compte le marnage
L’autre piège est de ne se fier qu’aux horaires de marées. Il faut bien prendre en compte sa localisation. Les horaires ne sont pas les mêmes à Dieppe qu’au Havre, à Concarneau qu’à Audierne, à La Rochelle qu’à La Tranche-sur-Mer, à Biarritz qu’à Saint-Jean-de-Luz. Le marnage n’est pas le même non plus. L’un des marnages les plus forts d’Europe se trouve en baie du Mont-Saint-Michel, avec 14 mètres de hauteur de marée de différence entre la marée haute et la marée basse pour un coefficient de 120, « en raison de l’étroitesse de la Manche et de la présence de nombreuses baies sur le littoral breton », précise l’Observatoire de l’environnement en Bretagne. À l’inverse, le marnage du côté de La Baule n’est que de six mètres pour une marée de même coefficient.
Se méfier des courants
Le « brassage d’eau de mer est plus important » également, rappelle la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Ce n’est pas tout, insiste l’Observatoire, il faut aussi prendre en compte les courants, plus forts au nord qu’au sud. Les vitesses moyennes des courants de marées ne « dépassent généralement pas 40 cm/s au sud, alors qu’elles peuvent atteindre 80 cm/s à 1,30 m/s (2,5 nœuds) au nord. Deux secteurs autour d’Ouessant et de Bréhat concentrent les plus fortes vitesses. »
Sur la plage, on ne traverse pas non plus un bras de mer en cours de remplissage, même s’il paraît peu profond, car les courants peuvent vous emporter rapidement. En 2024, Sylvie et Ginette, des amies venues pêcher à pied en baie de Saint-Brieuc, ont été emportées dans une filière, un couloir d’eau avec un fort courant. « On ne pouvait plus passer, on avait de l’eau presque jusqu’au cou. On s’est dit qu’il fallait bien rentrer à la maison, alors on a tenté… Et d’un coup, de l’eau au-dessus de la poitrine ! On était vraiment emportées par le courant », racontait en novembre Sylvie à ICI Armorique. Les deux femmes ont été sauvées par un homme qui leur a tendu une perche.
Faire attention à la météo
Il faut aussi prendre en compte la météo, « les forts vents d’ouest sont souvent plus dangereux », précise la SNSM. Il est compliqué de se déplacer lorsque la météo devient mauvaise. Le brouillard peut aussi faire perdre le sens de l’orientation aux pêcheurs à pied.
Sans compter que la visibilité peut varier en fonction de la marée. Les autorités rappellent de « conserver un point de repère visuel sur le littoral (en montant, la marée peut modifier considérablement la perception de l’environnement) ».
Détecter les dangers du lieu
D’autres écueils peuvent piéger les moins avertis : les sables mouvants, les rochers, les bancs de sable isolés. En Vendée, en août 2025, 11 personnes ont été piégées sur un banc de sable à L’Aiguillon-la-Presqu’île. En mars 2026, un couple de pêcheurs à pied s’est envasé, les quinquagénaires ont dû être ramenés sur la terre ferme par un aéroglisseur.
Danger également sur les passages submersibles à marée haute, comme le passage du Gois à Noirmoutier, une route de 4,2 km de long. « Ses neuf balises servent de refuge aux plus téméraires qui se sont fait surprendre par la montée des eaux », rappelle l’office de tourisme. Parfois, c’est le camping-car qui se fait piéger et emporter par la marée, comme le mentionnait, photo à l’appui, ICI Loire Océan, en octobre 2025. Les occupants de l’engin s’étaient réfugiés sur l’une des balises à cage.Les pompiers interviennent également régulièrement au Trou à l’Homme, à Étretat, pour récupérer des promeneurs piégés, comme ces 12 personnes en juin dernier ou plus récemment début avril, 10 touristes étrangers qui ont été ramenés sur la plage par la SNSM et les pompiers. Dans la Somme, neuf personnes ont dû être secourues à Mers-les-Bains en août 2025, également surprises par la marée au pied des falaises.
Pour certains, l’aventure ne se termine pas sans souci. À Bidart (Pays basque), en juin 2025, une randonneuse de 56 ans a été transportée à l’hôpital en urgence relative, après que son groupe a été encerclé par l’eau au pied des falaises. Elles ont dû être secourues du haut de la falaise à l’aide de cordes. C’est parfois même l’hélicoptère qui est mobilisé pour venir en aide aux personnes piégées, comme à Bidart.
Attention également aux baïnes, sur les côtes du sud-ouest, qui sont moins repérables à marée haute et qui peuvent envoyer rapidement les baigneurs au large.
Radio Ice Age France