Carburant : comme les pêcheurs, des agriculteurs bretons à l’arrêt en raison des coûts
Écrit par Jonathan PIRIOU sur avril 22, 2026
Face à la hausse des prix du carburant (gazole non routier), des agriculteurs du Morbihan comptent ne pas semer pour ne pas perdre de l’argent. C’est le cas à Surzur notamment.Avec la Guerre au Moyen-Orient, le prix du gazole non routier (GNR) a doublé en quelques semaines. Les agriculteurs sont touchés par la flambée des prix des carburants. Au point de, comme les pêcheurs, se restreindre pour ne pas perdre de l’argent.
Un cas à Surzur
Avec un prix du GNR élevé, certains pêcheurs restent à quai. En effet, cela coûte plus cher de sortir en mer que de rester au port.
Les tracteurs des agriculteurs pourraient rester dans les hangars. « C’est sans doute une première mais des agriculteurs morbihannais comptent ne pas semer cette année », dévoile Thierry Coué, éleveurs de porcs et membre du bureau de la FDSEA du Morbihan. Il a fait cette déclaration lors de la rencontre avec des députés morbihannais dans une ferme de Saint-Avé.
Il cite un exemple du côté de Surzur où les terres n’ont pas des rendements importants. « Certains agriculteurs vont préférer laisser des champs en jachère plutôt que de les cultiver. Quand la charge est supérieure au produit, vous n’avez plus intérêt à produire. On touche à notre souveraineté alimentaire », avance-t-il.
« Qui dit pas de production, dit pas de travail dans la transformation. Cela donne du chômage dans le territoire. Dans le bassin de Pontivy, 40 % de la population active travaille en agroalimentaire », indique la députée Nicole Le Peih.
L’éleveur de porcs est inquiet pour l’agriculture française :
On va vers l’arrêt de production dans des régions exposées à trois années de crise : les zones intermédiaires, le sud de la France et l’Occitanie. On peut penser à une crise viticole. Pour le porc, c’est la crise avec la fermeture du marché chinois pour rétorsion sur les automobiles électriques. On perd 20 à 25 euros par porc vendu et on se chope des augmentations de charges.Travail des champs au printemps
Le gouvernement a promis aux agriculteurs des reports de cotisations sociales, des étalements d’échéance ou encore des prêts à court terme. Pour Thierry Coué, ce sont des « mesurettes ». Il souhaite une vraie baisse de taxe sur le GNR et la renégociation pour augmenter les prix d’achat des produits des agriculteurs.
Dans l’exploitation de vaches laitières de Johann Conan à Saint-Avé, on n’en est pas là. Mais ce dernier a peur de prendre dans sa trésorerie. Une augmentation des prix qui tombe mal :
Cette hausse tombe encore plus mal car le printemps est l’une des plus grosses périodes avec les moissons. On a connu un hiver pluvieux. Pour l’implantation de printemps, c’est beaucoup de passages : épandages d’effluents, les cacher, préparation de la terre, les semis, etc.Johann Conan
« C’est donc beaucoup de consommation de GNR avec nos tracteurs. Ils ne sont pas électriques. Il n’y en a pas », ironise-t-il. Sur sa cuve de 3 000 litres, il paie 1 300 euros de plus. « Cela me fait un mois de GNR », précise-t-il.
« On pourra tenir jusqu’à ce que l’on puisse payer nos charges et les banques. Mais jusqu’à quand avec l’explosition du prix des charges ? », s’exaspère un autre agriculteur du Morbihan.
Au moment de l’année où les agriculteurs passent du temps à travailler la terre, les agriculteurs sont inquiets face à la hausse du carburant.
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