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La vie a disparu » : au Porge, le douloureux retour des évacués après les ravages du mégafeu

Écrit par sur août 3, 2026

Depuis 14h ce lundi, les habitants des communes du Porge et de Lège-Cap-Ferret ont commencé à rentrer petit à petit chez eux. Ce retour était très attendu par les dizaines d’habitants évacués, mais il est aussi douloureux. Plus de 240 habitations ont été détruites, dont plus de 180 au Porge.

Ils ont attendu ce moment avec impatience et angoisse. Douze jours après le départ de l’incendie de Saumos, les habitants du Porge et de Lège-Cap-Ferret ont commencé à regagner petit à petit leur maison depuis 14h ce lundi. Le mégafeu a été « fixé » samedi, après avoir brûlé 42.000 hectares et plus de 240 habitations, dont 184 au Porge. Le retour est donc douloureux pour ceux qui retrouvent toute leur vie réduite en cendres, quand pour d’autres le soulagement est grand de retrouver leur maison indemne.De la maison d’Alain, au Porge, il ne reste plus que des poutres calcinées et des murs noircis. Il a tout perdu. « Il n’y a plus rien, tout a brûlé. Elle est détruite entièrement. Il n’y a rien à récupérer », ne peut-il que constater au micro d’ICI Gironde. Il a commencé à construire cette maison il y a plus de 20 ans, en 2000. C’est toute une vie qui est partie en fumée. « L’agrandissement date de trois ans, c’était tout récent », raconte le Porgeais en observant les ruines.Avenue du Bassin d’Arcachon, rebaptisée « Avenue de la désolation », les maisons voisines de celle d’Alain ont, elles aussi, été détruites par l’incendie dans la nuit du 22 au 23 juillet dernier. »La maison n’existe plus »

Yves et son épouse, eux, se présentent au contrôle d’identité effectué par les gendarmes sur le barrage filtrant installé à l’entrée du Porge quand le reporter d’ICI Gironde les rencontre. Leur maison a brûlé dans les flammes, ils le savent. Yves a bravé l’interdiction et est déjà revenu samedi dernier voir les décombres. Il redoute le choc pour sa femme. « Ça va être un peu compliqué pour elle, parce que même si j’ai pris des photos, et que ça donne déjà une idée, la réalité, c’est terrifiant », explique-t-il.

« La maison, elle n’existe plus. La vie a disparu. Il n’y a plus de traces de vie, tout est à plat. On ne sait même pas où sont les meubles. On ne sait même pas où sont les objets. On ne sait plus rien. La vie a été rayée d’un coup de crayon », décrit-il, ému.Évidemment, on a peur que le feu reprenne »

Il y a des maisons dont il ne reste rien, et d’autres, qui, comme par miracle, ont résisté aux flammes, comme celle d’Annette et Gérard. « Ce qui est incroyable, c’est que la maison est restée debout, entre deux autres complètement cramées », raconte Gérard, qui ne « comprend pas »« J’ai surtout du désarroi et de la peine pour ceux qui ont tout perdu », renchérit le Porgeais.

Dimitri, tout juste rentré chez lui, va jeter des seaux d’eau dans le champ d’en face qui fume encore« Évidemment, on a peur que ça reprenne.On va tout arroser comme on peut, tout nettoyer. » L’herbe en face de chez lui est sèche. « Si une fumerolle tombe, tout peut recommencer à brûler. »

Pour beaucoup de Porgeais, c’est la colère qui domine, ils sont persuadés que leur village a été sacrifié au profit de Lège-Cap-Ferret.

Les riverains des quartiers du Ferron et de Plein soleil doivent, eux, encore patienter car des opérations de déminage sont en cours près de chez eux : des obus de la Seconde Guerre mondiale ont refait surface à la faveur du feu et de la chaleur de l’incendie. »On attendait ce moment avec impatience »

À quelques kilomètres de là, à Lège-bourg, Pierre revient chez lui. La maison de son voisin a brûlé, il ne sait pas dans quel état il va retrouver la sienne. « C’est compliqué, c’est stressant, mais on est très contents de rentrer. Ça fait douze jours qu’on n’a pas vu la maison, on ne sait pas dans quel état elle est », explique l’habitant de Lège. « La maison est bien assurée, mais bon, pas les souvenirs. » Dans la commune, 20 maisons ont été détruites par les flammes.

Pourtant, Pierre garde le sourire.  » C’est un grand bonheur de pouvoir enfin revenir dans une vie à peu près normale. » « Je crois qu’on a un peu tous le sourire aux lèvres. On attendait ce moment avec impatience », renchérit Brice Jimenez, le directeur de la police municipale. Il est installé sur le barrage filtrant, au niveau du rond-point du Lavoir. Cela fait trois jours qu’il travaille à cette réintégration. « On l’a imaginé en plusieurs temps. D’abord le nord de la commune de Lège, ouverte depuis 14h, et après, dans un deuxième temps à partir de 19h, la partie la plus au sud au Cap-Ferret. »

La Croix-Rouge propose une aide médico-psychologique aux habitants. Un guichet France Services victimes est aussi implanté au niveau de l’école Jean Degoul au Porge. Il pourra être maintenu jusqu’à six mois.


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