En ce moment

Titre

Artiste

Emission en cours

Emission en cours

Upcoming show


De mystérieuses méduses bleues s’échouent sur les plages normandes cet été : faut-il s’en méfier ?

Écrit par sur août 16, 2026

C’est la première fois qu’on observe ces méduses bleues en aussi grand nombre sur le littoral normand cet été 2026, et sans doute, plus tôt que d’habitude. Elvire Antajan, une chercheuse de l’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) avance une explication : ces méduses s’échouent en général à l’automne, loin du regard des baigneurs. Cet été, elles se sont invitées en pleine saison.

« Début juillet, il y avait pas mal de méduses marron, comme d’habitude. » à Ouistreham (Calvados), Christian Dubois, président de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer), connaît bien la mer.

Voilà des années qu’il plonge dans le secteur. Mais cet été, les méduses brunes n’étaient pas les seules à s’échouer sur le rivage, il a vu arriver d’autres spécimens bleus sur les plages. Elles aussi ont envahi le littoral.Petites et grosses méduses bleues

Des petites méduses bleues avec une ombrelle d’une dizaine de centimètres, prolongées de filaments très urticants. Sur la peau, elles laissent des petites traînées rouges et des pustules. Du jamais vu pour beaucoup de ceux qui ont arpenté la plage cet été 2026.Quelques kilomètres plus loin, sur la plage de Luc-sur-mer (Calvados), les sauveteurs de la NAK, une association, font le même constat. À partir du mois d’août, ils ont vu de grosses méduses bleues, sans filament cette fois, très urticantes au contact. Échouées sur le sable, elles apparaissaient presque transparentes.

Sylvie Roger en a également photographié une à Pourville, près de Dieppe.Cyanea et rhizosthome

Pour y voir plus clair, Elvire Antajan, chercheuse en écologie planctonique à l’IFREMER, distingue deux types de méduses bleues, sur la façade Atlantique et dans le Manche :

le rhizostome (Rhizostoma octopus) : bien plus imposant avec une ombrelle de 20 à 60 cm

la Cyanea lamarkii : une petite méduse à l’ombrelle de cinq à dix centimètresDes échouages aléatoires

« Les méduses ne sont pas forcément urticantes, ça dépend de l’espèce, rappelle la chercheuse. Les plus grosses bleues n’ont pas de filament : il faut vraiment les toucher pour être piqué. » Les petites en revanche, comme celles vues à Ouistreham, possèdent des filaments bien plus urticants.

 » Ce sont des organismes planctoniques : elles ne savent pas nager, elles se laissent porter par les courants de surface « , poursuit-elle. Les rhizostomes, les plus grosses, on les trouve souvent au large, en bancs. Leur présence n’a rien d’anormal mais leurs échouages restent aléatoires.

Un calendrier décalé

Faut-il y voir la main du réchauffement climatique ? La chercheuse invite à la prudence. « C’est difficile à certifier : il n’y a pas de suivi de méduses. Quand il y a des études, elles ne durent qu’un an, un an et demi. « 

Le dernier colloque sur le plancton gélatineux, dont les méduses, s’est tenu en Irlande fin juin 2026, et a rappelé les limites de nos connaissances dans ce domaine : l’hypothèse d’une hausse mondiale des méduses circule depuis des années, mais les grandes études de référence ne sont jamais parvenues à la confirmer, faute de données assez fiables.

Une chose est établie : « Des eaux plus chaudes leur permettent de croître plus rapidement« , et de raccourcir leur cycle de croissance. Cela n’augmente pas mécaniquement leur nombre, il y a même certaines espèces qui se font de plus en plus rares. En revanche, cela pourrait expliquer pourquoi on les trouve sur les plages cet été.

Parce que leur calendrier est décalé : plutôt que de s’échouer en octobre/novembre, elles se sont échouées en juillet et août.

Rincer à l’eau de mer

En cas de contact, quelques réflexes simples :

  • Rincer à l’eau de mer : les cellules urticantes sur la peau se déclenchent au contact, ou par choc omotique, c’est-à-dire un changement brutal de salinité
  • Ne jamais rincer à l’eau douce
  • Ne pas frotter.

En cas de réaction importante ou de piqûre au visage, rapprochez-vous du poste de secours ou de votre médecin.


Les opinions du lecteur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.