Colère lycéenne : Sébastien Lecornu annonce la suspension de cours en fin de semaine pour dégager « un temps de démocratie interne »
Écrit par Jonathan PIRIOU sur octobre 6, 2026
Dans chaque établissement, une demi-journée sera banalisée de manière à permettre aux personnels éducatifs et aux élèves d’exprimer leurs doléances.
Alors qu’un cortège de dizaines de milliers de lycéens s’élançait de la place de la République, mardi après-midi, Sébastien Lecornu prenait le micro dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, à l’autre bout de Paris. Le Premier ministre participait aux traditionnelles questions au gouvernement, sans surprise centrées sur l’actualité sociale brûlante du moment.L’occasion de réprouver les violences, de rejeter toute « répression policière » et d’énoncer cinq chantiers pour tenter de répondre aux doléances des lycéens. « On sent une multiplication de revendications, qui sont très diverses, et qui parfois ne font pas écho d’un lycée à l’autre. Il faut qu’on l’entende, nous à Paris, avec beaucoup d’humilité et de sens pratique », a reconnu Sébastien Lecornu.
C’est pourquoi le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, « a décidé de libérer du temps » dans l’ensemble des établissements, a-t-il poursuivi. « Dès demain (mercredi) matin, dès jeudi, dès vendredi : banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur, d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée. »Ces temps d’échange seront fixés en fonction de la date de réouverture de chaque établissement et s’étaleront sur une demi-journée. « Chaque proviseur organise ce temps en fonction des réalités de son lycée », complète le ministère de l’Éducation nationale, précisant que « les autres cours ne sont pas suspendus ».
« Un temps politique »
Dès lundi, en marge d’un déplacement à Guyancourt (Yvelines), le ministre avait évoqué cette idée : « On ne va pas faire comme s’il ne s’était rien passé. (…) Nous allons demander aux chefs d’établissements, sous leur responsabilité et sous les modalités qu’ils choisiront, d’organiser une reprise progressive des cours, échelonnée ». Les personnels éducatifs seront conviés dans un premier temps, « parce que les équipes ont été traumatisées dans certains endroits par les violences qu’elles ont subies ou que leurs bâtiments ont subis ». Dans un second tour, ce sera au tour des élèves pour « objectiver la situation et poser les choses ».
Pour chaque établissement, le bilan tiré sera remonté aux académies et servira à alimenter le « plan d’action du gouvernement ». L’objectif est que, « d’ici au 16 octobre, la plupart des situations problématiques, et idéalement la totalité des situations problématiques, aient été résolues », selon Édouard Geffray.
Aux yeux de Sébastien Lecornu, « on ne peut pas reprocher, on ne peut pas condamner la violence devant les lycées si on n’a pas un temps politique, au sens noble du terme, au sein de chaque lycée ».
Signe de l’ampleur du mouvement social, le Premier ministre, le ministre de l’Éducation nationale et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ont été conviés mardi soir à une réunion à l’Élysée avec Emmanuel Macron. Une première depuis l’émergence de la colère lycéenne.
Le Parisien
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