Ca peut représenter un 13e mois”: cette nouvelle taxe sur les pourboires qui inquiète les serveurs
Écrit par Jonathan PIRIOU sur septembre 30, 2025
Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée les restaurateurs auprès desquels il a ouvert la porte à une défiscalisation des pourboires. Car au 1er janvier, ces pourboires pourraient à nouveau être taxés, en tout cas ceux payés par carte bancaire. Un coup dur de plus pour la profession.
Les pourboires “doivent aller pleinement dans la poche de ceux qui travaillent”. C’est l’appel lancé lundi par le président Emmanuel Macron lors d’une rencontre avec une centaine d’acteurs de la restauration à l’Élysée.
Des propos tenus alors que les pourboires pourraient bientôt être de nouveau taxés, car l’exonération des charges sociales et fiscales sur les pourboires payés par carte bancaire, doit en principe prendre fin le 31 décembre 2025. De quoi provoquer une levée de boucliers dans la profession.Les pourboires, c’est quelque chose qui n’est pas du chiffre d’affaires et qui doit revenir à 100% à nos collaborateurs”, plaide ce mardi matin sur RMC Catherine Quérard, présidente du Groupement des hôtelleries et restaurations de France.
“Bien sûr aux serveurs, mais aussi aux gens de la cuisine même s’ils ne sont pas directement en contact avec la clientèle. C’est variable, mais ça peut représenter en moyenne un 13e mois dans l’année”, poursuit-elleAvant la mise en place de la défiscalisation en 2022, le pourboire était imposé comme le reste de la rémunération d’un salarié, selon sa tranche d’imposition. Si fiscalisation il y a en janvier, cela ne concernera que les pourboires en carte bleue.
Pour beaucoup de serveurs, ces pourboires représentent une part non-négligeable dans le salaire. “Ça peut doubler le salaire. Si je devais les déclarer, je pense que je changerais de métier. Ça ne vaudrait plus vraiment le coup avec les horaires en décalé etc…”, explique une serveuse d’un restaurant parisien.
La récompense de la relation entre serveurs et clients
Du coin de l’œil, Alain Fontaine, le patron et président de l’Association française des maîtres restaurateurs, compte ses effectifs avant le coup de feu. “On a déjà du mal à recruter” constate-t-il, amer.
“Ces pourboires, non-fiscalisés faisaient partie de la cerise sur le gâteau qui nous permettait de recruter. Je pense aux étudiants. Et oui, effectivement, les consommateurs vont penser eux aussi qu’ils vont participer au remboursement de la dette. C’est une fausse bonne idée”, appuie-t-il.
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