Chaleur : le Finistère placé en vigilance jaune canicule, une première pour un département français dès le mois de mai
Écrit par Jonathan PIRIOU sur mai 24, 2026
Le département breton a été placé en vigilance jaune canicule à partir de 12h, ce dimanche, une situation inédite en France pour un mois de mai. Ailleurs, plusieurs records de températures pour un mois de mai ont été battus, notamment dans l’ouest de la France, selon Météo France.
Une situation inédite : le Finistère a été placé en alerte jaune canicule à partir de 12h, dimanche 24 mai, une première en France où jamais le dispositif n’avait été activé en mai depuis sa création en 2004, a annoncé Météo France. La vigilance jaune a été prolongée au lundi de Pentecôte. Les températures vont atteindre les 31 à 33 degrés dans plusieurs villes du département, dont Brest, Quimper, Douarnenez, Concarneau ou encore Châteaulin. Sur le littoral, le mercure affichera 26 degrés en moyenne, selon la préfecture, indique ICI Breizh Izel .Ce week-end de Pentecôte est estival, et même « exceptionnellement chaud » selon l’établissement public. En cause, le dôme de chaleur remonté du Maroc est piégé sous des hautes pressions, « qui agissent comme un couvercle, qui emprisonne l’air chaud et le réchauffe par un phénomène de compression ».
Des records de températures battus
Plusieurs records de températures pour un mois de mai ont été battus ce samedi, notamment dans l’ouest de la France, indique ce samedi soir Météo France à l’Agence Radio France. Le mercure est ainsi monté jusqu’à 32,7 degrés à la station de mesure météorologique de Palluau, en Vendée, soit 0,3 degré de plus que lors du précédent record, établi le 26 mai 2017. À Cholet (Maine-et-Loire), il a fait ce samedi 31,4 degrés, battant le précédent record de 31,3 degrés datant du 30 mai 2025. C’est le cas aussi à la station météo de Gometz-le-Chatel (Essonne), avec une température établie à 31,5 degrés, battant un précédent record de 31,2 degrés établi le 27 mai 2005.
D’autres records ont été mesurés à La Noë-Blanche (Ille-et-Vilaine) avec 31,6 degrés contre 31,1 degrés le 30 mai 2025, à Sarzeau (Morbihan) avec 30,8 degrés contre 30,7 degrés le 24 mai 2010, à Marville (Cher) avec 30,6 degrés contre 30 degrés le 31 mai 2005 ou à Argentan (Orne) avec 30,3 degrés contre 30 degrés le 27 mai 2003.Le paroxysme attendu « entre dimanche et mercredi »
Et cela va durer. Les météorologues ajoutent que « le paroxysme de cette séquence de fortes chaleurs précoces est attendu entre dimanche et mercredi, les journées les plus chaudes pouvant être lundi et mardi. » Conséquence : « Des villes de l’ouest de la France pourraient connaître des valeurs jamais atteintes pour un mois de mai, dépassant de plusieurs degrés les valeurs habituellement observées à cette période, comme Brest avec 33°C prévus lundi (dépassant les 29,5 °C enregistrés le 26 mai 2017) ou Nantes avec 35°C (dépassant les 32,8 °C enregistrés le 26 mai 2017).
À Bordeaux, le prévisionniste Corentin Perrot précise « qu’on attend 33°C, pour une normale de 23°C, soit 10°C au-dessus des normales. » Dans le Vaucluse, les températures seront « sept à huit degrés au-dessus des normales de saison et deux à trois degrés au-dessus des normales d’un milieu d’été », précise ICI Vaucluse.Plus une vague de chaleur qu’une canicule
La longueur et l’intensité de l’épisode de chaleur vont conditionner sa qualification. Météo France précise qu’un pic de chaleur désigne un épisode de 24 heures à 48 heures où les températures sont « nettement supérieures aux normales de saison ».
Il faut que l’épisode dure plusieurs jours pour évoquer une vague de chaleur. La journaliste spécialisée en questions météo et climat Chloé Nabédian précise sur France Inter : « Pour avoir une vague de chaleur, il faut au moins dépasser les 25 degrés à l’échelle nationale sur au moins trois jours. » Pour parler de canicule , les critères sont très restrictifs. Il s’agit d’un « épisode de températures élevées de jour comme de nuit sur une période prolongée (au moins trois jours) qui est susceptible de constituer un risque sanitaire notamment pour les personnes fragiles ou surexposées », rappelle Météo France, les critères varient selon les départements.
Météo France précise : « À Toulouse, Météo-France parlera de canicule quand, durant les trois jours et trois nuits, les températures maximales seront supérieures à 36°C et les températures minimales supérieures à 21°C. » Exemple également à Paris pour Chloé Nabédian : » Paris a des seuils à dépasser de jour comme de nuit, avec des nuits tropicales. Là on sera pas très loin des seuils pour une vague de chaleur. Peut-être que ponctuellement on sera sur des seuils de canicule, mais sur une journée, pas sur trois journées par exemple. Et on attend vraiment le pic mardi, mercredi avec des valeurs qui sont exceptionnelles pour la saison. Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que ça sera probablement la vague de chaleur la plus précoce qu’on ait jamais eue. «
« Chaque année, c’est de plus en plus tôt »
Et c’est ce qui inquiète : « On a l’impression que chaque année, on dit que c’est toujours de plus en plus tôt, et c’est vraiment ce qui est en train d’arriver là. Ça serait probablement des valeurs qu’on aura jamais atteintes. » Les épisodes de canicule ne sont plus cantonnés aux mois de juillet-août. En 2025, la canicule a eu lieu du 19 juin au 4 juillet, mais également en juin 2019.
Des records ont déjà été battus vendredi dans l’ouest et le sud-ouest de la France, avec plus de 35°C relevés dans les Landes, notamment. En Bretagne ce vendredi, le thermomètre a passé la barre des 30°C dans les Côtes-d’Armor.
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