Cryptomonnaies : la vague d’enlèvements contre le secteur “ne ralentit pas”, alerte un expert en sécurité qui pointe des “prestataires défaillants”
Écrit par Jonathan PIRIOU sur février 7, 2026
L’expert évoque “une évolution structurelle du banditisme” en France“Le phénomène ne ralentit pas”, a alerté, samedi 7 février, sur franceinfo Sébastien Martin, président de la Ligue pour la sécurité du Web3 et fondateur de l’entreprise de cybersécurité RAID Square. La compagne d’un chef d’entreprise du secteur des cryptomonnaies et la mère de celle-ci ont été retrouvées vendredi matin dans un garage à Bourg-lès-Valence (Drôme), environ trente heures après leur enlèvement en Isère. “Il y a eu 20 cas d’agressions en 2025, et près d’une dizaine déjà depuis le début de 2026”, précise-t-il.
La multiplication des “fuites de données” chez les prestataires du secteur crypto
Dans cette affaire, les malfaiteurs avaient exigé une rançon en cryptomonnaies, assortie de menaces de mutilation, avant de prendre la fuite sans obtenir le paiement. L’expert évoque “une évolution structurelle du banditisme” en France et dénonce la multiplication des “fuites de données” chez les prestataires du secteur crypto. Ces informations permettent aux criminels d’obtenir noms, adresses, numéros de téléphone ou courriels de leurs cibles.
“Ils veulent récupérer de la crypto. Malheureusement, c’est une fausse bonne idée : tout est traçable”, souligne Sébastin Martin, rappelant que la blockchain rend les transactions infalsifiables. Au printemps dernier, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, avait réuni les acteurs du secteur après une série d’enlèvements visant des entrepreneurs des cryptomonnaies. Un décret pris à l’été 2025 a permis aux détenteurs de crypto-actifs d’anonymiser leurs adresses personnelles.
“Le dispositif est très sollicité : on estime à 40 000 les demandes d’anonymisation”, précise-t-il. Mais selon lui, “le nerf de la guerre” reste la sécurisation des prestataires de l’industrie crypto, dont certains restent “défaillants”, selon lui, dans la protection des données de leurs clients.
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