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En près de vingt ans, les écarts se sont creusés entre les foyers à très hauts revenus et les autres, selon l’Insee

Écrit par sur novembre 18, 2025

L’Institut national de la statistique publie mardi son étude annuelle “Portrait social de la France” et propose de plonger, cette année, dans les finances de ces Français disposant des plus hauts revenus et du patrimoine le plus conséquent.L’écart se creuse entre les Français. Dans son étude annuelle intitulée “Portrait social de la France”, publiée mardi 18 novembre, l’Institut national de la statistique consacre une large partie de son travail à étudier la situation financière des personnes les mieux loties dans la population. On y apprend notamment qu’entre 2003 et 2022 (année à laquelle s’arrêtent les données étudiées), les écarts entre les foyers à très hauts revenus et les autres se sont creusés. Plus précisément, le revenu moyen des foyers à très hauts revenus a plus que doublé (+119%), ce qui représente une hausse 2,6 fois plus forte que pour le reste des foyers fiscaux (+46%). L’Insee rappelle que le seuil d’entrée dans la catégorie des très hauts revenus est de 463 000 euros annuels.

Très concrètement, le revenu annuel moyen des foyers à très hauts revenus est ainsi passé de 469 000 euros en 2003 à 1 million d’euros en 2022, soit une croissance annuelle moyenne de 4,7%. A titre de comparaison, les autres foyers fiscaux n’ont connu une augmentation que de 2%. Cela signifie qu’alors que les très hauts revenus gagnaient 21 fois plus que les autres foyers en 2003, ils gagnaient 31 fois plus dix-neuf ans plus tard.

Des revenus “plus volatils”

Mais cet accroissement des richesses chez les plus fortunés n’a pas été un long fleuve tranquille. Selon les enseignements de l’Insee, sur la période 2003‑2022, les revenus des foyers à très hauts revenus ont “été plus volatils que ceux du reste de la population”. Les revenus moyens des 0,1% des foyers les plus aisés ont fortement diminué entre 2009 et 2013, ce qui ne se vérifie pas dans le reste de la population. En cause : les chocs conjoncturels et des changements législatifs. Sont cités pêle-mêle par l’institut la crise des subprimes en 2008, la crise des dettes souveraines en 2012 ou encore la reprise économique après la crise sanitaire du Covid-19.

Pour comprendre cet accroissement de la richesse sur deux décennies, il faut s’intéresser aux sources de revenus des plus aisés. Selon l’Insee, cette croissance “a été favorisée par une structure davantage orientée vers des revenus issus d’activités plus risquées, en particulier les revenus de capitaux mobiliers et les revenus fonciers”. Résultat, le montant de ces revenus déclarés a plus que doublé. Les bénéfices professionnels ont quant à eux peu augmenté durant cette période, contrairement aux autres revenus.

Les femmes peu présentes parmi les plus hauts revenus

Concernant les salaires, en 2023, 1% des postes salariés du secteur privé sont rémunérés plus de 10 219 euros net. Les sportifs professionnels représentent un peu plus d’un tiers des 100 postes les mieux rémunérés. Autre enseignement de cette étude : les postes qui permettent d’accéder à ces très hauts salaires sont principalement occupés par des hommes de 50 ans ou plus, travaillant souvent en Ile-de-France. Les femmes, quant à elles, ne représentent que 24% du top 1% et tout juste 10% du top 100.

Parmi les 0,1% les mieux rémunérés, les salariés nés à l’étranger sont surreprésentés ; ils sont le plus souvent nés au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Etats-Unis ou au Maroc. La majorité de ces emplois très rémunérateurs se trouvent dans les services financiers et les banques. Une certaine stabilité est à souligner : les très hauts salaires conservent plus souvent leur poste et leur employeur d’une année sur l’autre, en tout cas dans des proportions supérieures au reste de la population. Enfin, l’écrasante majorité (82%) des foyers à très hauts revenus sont composés de couples mariés ou pacsés, contre 32% pour les autres foyers.

Une contribution fiscale des plus hauts revenus en hausse

Alors que la question de l’imposition des grandes fortunes revient régulièrement sur le devant de la scène, notamment durant les discussions sur le budget 2026, l’Insee consacre une partie de son étude à ce sujet. Selon ses enseignements, les très hauts revenus ont connu une contribution fiscale en hausse entre 2003 et 2022, mais “avec un effort fiscal contenu”.

En effet, en 2022, ces derniers contribuaient à hauteur de 10,7 milliards d’euros aux recettes d’impôt sur le revenu, soit 13% du total de cet impôt. Le taux d’imposition moyen des foyers à très hauts revenus a pourtant diminué entre 2003 et 2022, mais il s’agit “pour moitié” d’une baisse en trompe-l’œil, en raison de la suppression d’un avoir fiscal durant cette période, toujours selon l’Insee.

Davantage de couples sans enfant parmi les plus aisés

L’institut de la statistique consacre également une partie de son étude à ces ménages qui cumulent haut patrimoine et haut niveau de vie : ils étaient au nombre de 1,6 million en 2021. Ils détiennent chacun plus de 716 300 euros de patrimoine brut et ont un niveau de vie (comprenant l’ensemble de leurs revenus) supérieur à 39 100 euros par an. L’Insee souligne que les deux sont très liés : les revenus des ménages conditionnent la capacité d’épargne et donc la constitution d’un patrimoine. Dans certains cas, le patrimoine génère alors des revenus, permettant d’augmenter le niveau de vie.

Il en ressort que ces derniers sont souvent cadres ou indépendants, entre 50 et 60 ans, et 47% d’entre eux sont des couples sans enfant, ce qui représente 22 points de plus que dans l’ensemble des ménages. L’étude précise que “62% des ménages à haut patrimoine et haut niveau de vie déclarent avoir hérité au cours de leur vie, contre 39% pour l’ensemble des ménages. En outre, 43% ont reçu une donation, contre 18% de l’ensemble des ménages”. Enfin, 73% de ces ménages détiennent des biens immobiliers, qui ne sont pas leur résidence principale, contre seulement 19% de l’ensemble des ménages.