Guerre au Moyen-Orient : ce que l’on sait des nouvelles frappes iraniennes contre des bases américaines
Écrit par Jonathan PIRIOU sur juin 10, 2026
Téhéran affirme avoir tiré des missiles en réponse à des frappes américaines lancées la veille au soir dans le détroit d’Ormuz.L’Iran a annoncé mercredi 10 juin avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d’Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d’un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d’un « très, très bon accord » pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de « deux à trois jours ». Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu’un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l’Iran et promis une réponse appropriée.
L’Iran a visé des bases américaines
En Jordanie, l’armée a fait savoir qu’elle avait détruit cinq missiles iraniens qui ciblaient la ville d’Azraq, où se situe une base américaine. Selon elle, « il n’y a eu aucune victime ni dégât matériel ». Plus tôt, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient affirmé avoir pris pour cible « une base aérienne et le centre de commandement militaire américain » d’Azraq, d’après un média d’Etat iranien.
Au Bahreïn, les Gardiens de la Révolution disent avoir lancé une « attaque de drones contre la Ve flotte » américaine. Peu après, les sirènes d’alerte ont retenti dans ce pays du Golfe. Et au Koweït, l’armée a dit faire face à « des cibles aériennes hostiles » sans préciser leur provenance.
L’armée idéologique du régime iranien a justifié ces opérations par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l’île de Qeshm, sur la côte sud de l’Iran, dans le détroit d’Ormuz. Celles-ci ont « endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d’eau dans la ville ».
Les Etats-Unis ont ciblé le détroit d’Ormuz
Mardi soir, l’armée américaine avait annoncé des « frappes de précision » contre « des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens », selon un communiqué du commandement central pour le Moyen-Orient (Centcom). Au moins trois vagues de missiles ont été lancées, selon le média Axios(Nouvelle fenêtre), qui cite un haut responsable américain.
L’état-major américain a présenté ces frappes comme des mesures « en légitime défense » et de façon « proportionnée » en réponse à la destruction d’un hélicoptère Apache de l’armée américaine près des côtes d’Oman, alors qu’il patrouillait dans les eaux régionales. Les soldats « ont été secourus sains et saufs en deux heures environ », selon le Centcom(Nouvelle fenêtre).
L’appareil survolait le détroit d’Ormuz, lundi, lorsqu’il a été abattu par l’Iran, selon Donald Trump. Le président américain avait promis des représailles et le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a cherché à minimiser cet incident. « Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques. (…) La meilleure solution est qu’elles partent », a-t-il souligné sur X(Nouvelle fenêtre).
Israël a de nouveau bombardé l’Iran
Après l’entrée en vigueur le 8 avril d’un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l’Iran et Israël avaient cessé temporairement. Elles ont repris dimanche et lundi, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon la télévision d’Etat. L’armée iranienne avait ensuite annoncé l’arrêt de son opération militaire contre Israël, promettant toutefois des « actions plus sévères » si Israël poursuivait ses « agressions » dans le sud du Liban.
Les bombardements israéliens au Liban ont fait au moins 11 nouveaux morts mardi, selon les autorités. Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le Hezbollah libanais, l’armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien. « Le quartier chrétien est désormais vide à 99% », a rapporté un conseiller municipal à l’AFP. Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban – qui n’ont pas fait de blessés, selon l’armée israélienne.
Aucun accord n’a encore été trouvé
Donald Trump avait exhorté les deux pays à cesser « immédiatement » les hostilités. Le chef de l’Etat américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu’il a déclenché aux côtés d’Israël le 28 février. L’Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe la fin des hostilités sur le front libanais, où s’affrontent depuis le 2 mars son allié libanais du Hezbollah et Israël.
Donald Trump avait assuré mardi matin que la diplomatie américaine était dans les « derniers efforts » en vue de la conclusion d’un accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Selon The New York Times(Nouvelle fenêtre), c’était la 37e fois depuis le 23 mars que le président des Etats-Unis assurait être proche d’une issue au conflit dans le Golfe.
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