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Les couloirs sont pleins », « on arrive à saturation » : les hôpitaux sous très forte tension en raison de la canicule

Écrit par sur juin 27, 2026

Le plan blanc a été déclenché ce vendredi dans tous les établissements de santé d’Île-de-France, pour faire face aux « multiples tensions » liées à la canicule. Un peu partout dans l’Hexagone, les appels au SAMU sont en forte hausse, et les hôpitaux enregistrent une augmentation de leur activité.

La canicule s’éternise et met les hôpitaux sous tension : ce vendredi, le plan blanc a été déclenché dans tous les établissements de santé d’Île-de-France. Selon Matignon, qui prévoit de réunir une nouvelle cellule de crise dans l’après-midi, « la pression hospitalière se prolongera plusieurs jours ».Philippe Juvin, le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, décrit une situation « extrêmement grave ». Depuis lundi, « le flux de patients ne baisse pas, il a beaucoup augmenté hier« , a-t-il affirmé sur BFMTV/RMC. « Les couloirs sont pleins » de patients « plutôt âgés », mais aussi de patients « de 50-60 ans », présentant « des hyperthermies très fortes« , a-t-il indiqué, évoquant aussi « des SDF qui arrivent avec 42 degrés de température ».Des plans blancs déclenchés dans plusieurs hôpitaux de France

Le plan blanc a donc été déclenché dans tous les établissements de santé d’Île-de-France, pour faire face aux « multiples tensions » dans le système de soin. Les passages aux urgences des plus de 75 ans y sont en hausse de 47%, a indiqué l’Agence régionale de santé. D’autres établissements aux quatre coins de l’Hexagone ont fait de même, notamment au CHU de Nantes, dans les hôpitaux de Vendéeau centre hospitalier régional Metz-Thionville, à Tours ou encore Guéret.

Le plan blanc est un dispositif de crise préparé par chaque établissement pour faire face à des circonstances exceptionnelles. Il permet notamment si nécessaire de prolonger les horaires des personnels, ou bien de les rappeler.

Dans d’autres hôpitaux, certains services ont dû déprogrammer des opérations, comme à Orléans ou encore GuéretÀ Paris, le préfet de police a prévenu ce jeudi que « le nombre d’hospitalisations ne cesse d’augmenter »« Nous arrivons à une situation de saturation de la capacité d’absorption » des établissements hospitaliers, a-t-il insisté. La consommation sur la voie publique et la vente d’alcool ont été interdites dans la capitale à partir de ce vendredi.

Partout, les appels au SAMU en forte hausse

En amont, un peu partout en France, les services du SAMU constatent une augmentation des appels. En Île-de-France, le nombre d’appels au 15 est en hausse de 61% par rapport à la semaine dernière. Dans le Puy-de-Dôme, Daniel Pic, médecin responsable du SAMU, explique que « d’habitude, on tourne à 950 appels en moyenne par jour. Samedi 20 juin, on a fait notre plus grosse journée puisqu’on était à 1.600 appels. » Même son de cloche à Orléans, où le Samu du Loiret a enregistré une hausse de 30% de son volume d’appels.

« Je pensais avoir la clim’, on est dans un hôpital »

Dans les couloirs et les chambres d’hôpital, la température peut monter très vite. Au sein de l’hôpital Trousseau à Paris, trois services ont la climatisation (dont celui de réanimation pédiatrique), mais ailleurs, il fait 35 degrés. Pour se rafraîchir, c’est la débrouille : couverture de survie sur les fenêtres, quelques ventilateurs… « J’ai transporté notre propre ventilateur pour nous rafraichir« , explique Ayoub, papa d’un bébé de deux jours, assis dans la chambre de sa femme en pleine pénombre. « Je pensais avoir la clim’, on est dans un hôpital, c’est la moindre des choses. »

Au CHU de Dijon, le nombre d’hospitalisations a augmenté de 30% entre dimanche dernier et mercredi, mais « la situation est complètement maîtrisée », indiquait ce mercredi le chef de service des urgences à ICI Bourgogne« On a apporté des poches de froid pour rafraîchir les nouveau-nés et les patientes », rapporte de son côté Marie Guédra, directrice déléguée du pôle gynécologie-obstétrique. La maternité compte désormais un ventilateur par chambre.Des craintes pour les jours à venir

Si les températures commencent lentement à baisser par endroits, certains craignent que la situation ne revienne pas à la normale tout de suite. « À chaque fin de grosse période de canicule, on voit une hausse d’activité« , explique à ICI une représentante du syndicat SUD-Santé de l’hôpital de Tours. « Quand il fait 40 degrés dehors, les gens restent chez eux même s’ils ne vont pas bien et ce n’est que quand les températures baissent qu’ils viennent à l’hôpital consulter. »

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a elle-même déclaré ce vendredi s’attendre à des décès dans les jours qui viennent, redoutant notamment la survenue de ces morts « à domicile ». Elle appelle chacun à la responsabilité individuelle en faisant attention aux personnes isolées dans son entourage.

source ici