Les éducateurs d’un foyer à Paris rasent la tête d’un enfant en guise de sanction, puis diffusent la vidéo en interne afin de l’humilier et servir d’exemple – Un signalement à la justice a été effectué
Écrit par Jonathan PIRIOU sur décembre 9, 2025
En février dernier, un enfant âgé de 8 ans s’est fait raser la tête par une éducatrice d’un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans le 13e arrondissement de Paris. L’information est révélée ce mardi par Franceinfo.
La scène a été filmée par un autre éducateur et partagée sur le groupe WhatsApp interne des éducateurs du foyer. “Vous avez vu avec les parents pour le raser à blanc ?”, questionne un éducateur en découvrant les images. Réponse d’un de ses collègues : “Non, nous avons pris la décision sans consulter personne”.
“Vous êtes fous. On est en plein hiver, il va avoir super froid”, réagit l’éducateur. Nos confères – qui ont pu avoir accès aux conversations du groupe WhatsApp – indiquent que l’une des éducatrices explique avoir pris cette décision car il s’agit “d’une sanction”.
Quelques jours plus tard, la mère d’Eliott (le prénom a été changé) demande des explications. Les éducateurs lui répondent que le coiffeur a raté la coupe de cheveux du jeune garçon.
“La maman n’apprend la réalité que plusieurs mois plus tard, fin septembre, en découvrant les vidéos. Là, le foyer lui donne une nouvelle explication : la nouvelle directrice – qui a pris son poste début septembre, soit après les faits – explique qu’Eliott avait des poux et que les salons de coiffure ont refusé de le prendre pour lui couper les cheveux”, indiquent nos confrères. Mais aucun coiffeur qui s’occupe du jeune garçon ne se souvient avoir refusé une coupe de cheveux.
Selon Franceinfo, l’éducatrice qui a rasé la tête d’Eliott – qui est en arrêt maladie – appelle un soir la mère du garçon “pour lui expliquer qu’elle n’est pas responsable de ce qu’il s’est passé, que c’est un concours de circonstances et que ce qu’on voit sur les vidéos ne traduit pas les faits tels qu’ils se sont réellement déroulés”.
L’avocat de la mère envoie un mail à la juge des enfants pour signaler les faits qu’il considère comme des “faits de maltraitance”. Depuis, la juge n’a pas donné de suite. “On a bel et bien des éducatrices qui ont de leur propre chef rasé un enfant, ce qui est tout bonnement interdit, ce n’est pas dans leurs missions”, confie maitre Axel Delaunay-Belleville à nos confrères.
“On se rend compte que sur des vidéos prises par des tiers qui sont censés s’occuper d’eux, on se moque de l’enfant et on se retrouve avec un petit garçon qui est apeuré pendant plusieurs semaines ”, dénonce-t-il.
“Ni l’accord de l’enfant, ni l’autorisation de sa mère, ni les tentatives infructueuses pour se débarrasser des poux ne sauraient justifier cette pratique humiliante”, a réagi de son côté la mairie de Paris à Franceinfo. La mairie dit avoir confié le suivi de ce cas à la cellule d’appui, d’évaluation et de contrôle (CAEC).
“La mère a par ailleurs été encouragée à porter plainte et une attention particulière a été portée à l’enfant victime qui souhaite vouloir rester dans ce foyer et dit s’y sentir bien”, ajoute la municipalité à Franceinfo.
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