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On est face à des agents immobiliers au ton agressif et méprisant” : la galère de la location à Paris

Écrit par sur février 1, 2026

Louer un appartement à Paris est devenu un parcours du combattant. Le marché locatif est toujours très tendu, avec de moins en moins d’offres disponibles.Trouver un logement à louer à Paris reste encore très compliqué. Tous les indicateurs du marché locatif privé sont dans le rouge, constate le groupe immobilier Foncia qui déplore la fuite des propriétaires bailleurs particuliers. « J’ai à peine 90 logements à louer à Paris », dont une dizaine de parkings, a illustré lors d’une conférence de presse, Zahir Keenoo, président de Foncia ADB, pour illustrer la rareté de l’offre locative.  Sandrine Aucis, directrice développement et location à Paris de Foncia, a « connu des périodes avec 150 à 200 biens à louer », preuve de la « baisse drastique du stock ».

Selon des chiffres publiés par le groupe, leader de la gestion locative en France, le nombre de logements disponibles à la location s’est réduit de 7% en 2025 par rapport à 2024 et les contrats de location signés ont baissé de 3,5%.

Impossible « de répondre à tous les étudiants qui arrivent », a souligné Zahir Keenoo. « La tension est forte sur les métropoles, les villes étudiantes et les zones touristiques. »  « Il y a tellement peu d’offres pour un trois-pièces »

Pour les ménages en recherche, c’est effectivement « très compliqué car il n’y a quasi rien », rapporte Bertrand. Ce futur père de 31 ans, habitant Paris, cherche à déménager pour avoir une chambre supplémentaire.  En quatre mois de recherche, ils n’ont visité, avec sa femme, que quatre appartements : « Il y a tellement peu d’offres pour un trois-pièces », les rares publications « sont affichées à peine deux heures ou sont hyper chères ».

« On ne trouve même pas d’appartement où déposer des dossiers » et « on est face à des agents immobiliers au ton agressif et méprisant car ils n’ont pas de difficulté à trouver des locataires », témoigne-t-il.La situation était déjà compliquée depuis plusieurs années et « c’est de pire en pire », constate Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt France.

Gouffre des travaux

Cause principale, selon le patron de Foncia, le découragement des propriétaires bailleurs, en particulier ceux qui font face à des besoins de travaux.  Parmi les 12 000 propriétaires bailleurs qui ont retiré le mandat de gestion confié à Foncia, 47% ont fait le choix de vendre à cause « des contraintes réglementaires grandissantes et d’une rentabilité dégradée », rapporte la société.

Les autres ont notamment choisi de se passer d’agence, d’opter pour la location saisonnière ou d’attendre pour faire des travaux eux-mêmes. Aux dizaines de milliers d’euros de travaux s’ajoutent les prélèvements de l’Etat. « Le parc locatif tourne moins, il n’y aura pas de solution tant qu’on ne relance pas l’investissement », estime Yann Jéhanno. 
« Les contraintes actuelles ne contribuent pas à renforcer l’offre en quantité suffisante », complète de son côté Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier.

Les annonces du gouvernement sur ce point pourraient susciter un peu d’optimisme. La semaine passée, un dispositif d’investissement locatif a été glissé dans le projet de budget pour 2026, sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité par un 49.3.

Le dispositif reprend les principes du « statut du bailleur privé », mais avec des curseurs plus avantageux pour les propriétaires bailleurs, y compris de logements anciens sous réserve de réaliser des travaux importants.