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Pesticides interdits : le très polémique projet de loi d’urgence agricole adopté par l’Assemblée nationale

Écrit par sur juillet 21, 2026

La loi d’urgence agricole a été adoptée par les députés lundi 20 juillet dans la soirée après un vote chaotique.Ce vote était tant attendu par une partie des agriculteurs que redouté par les défenseurs de l’environnement. Le très décrié projet de loi d’urgence agricole vient d’être adopté lundi 20 juillet à l’Assemblée nationale, avant un vote au Sénat mardi.Une question épineuse était posée aux députés : faut-il permettre ou non la réintroduction à titre dérogatoire de deux pesticides actuellement interdits, l’acétamipride et le flupyradifurone, de la famille des néonicotinoïdes, ces fameuses substances nocives pour les abeilles ? L’Assemblée vient de trancher de son côté : 296 voix contre 224. Quant au Sénat, qui a lui-même introduit le texte, il n’y a que peu de suspens sur l’issue de son vote.Deux ministres qui s’opposent sur les pesticidesÀ ce stade, en effet, le texte soutenu depuis le Rassemblement national jusqu’aux sénateurs centristes en passant par la droite, dispose d’un amendement permettant à l’ANSES, l’agence de sécurité sanitaire, de réintroduire par dérogation deux pesticides interdits en France, mais autorisés dans l’Union européenne, pour une poignée de filières en difficulté, comme la betterave ou la noisette.Il s’agit du « principal sujet qui crispe », a dit samedi Monique Barbut, la discrète ministre de la Transition écologique, à La Tribune Dimanche. Elle s’est personnellement opposée à la réintroduction de l’acétamipride, pourtant poussée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Ce texte « apporte des réponses concrètes et attendues à nos agriculteurs », a lancé en ouverture des débats cette dernière.Ce vote intervient un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride, mais qui a été censurée par le Conseil constitutionnel.Le sujet a été remis sur la table sous la pression desdites filières en difficulté. Le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves sucrières (CGB), association spécialisée de la FNSEA, Franck Sander, a notamment jugé que la réautorisation « de façon ciblée et encadrée » de l’usage de flupyradifurone était « une condition indispensable de notre compétitivité quand tous les voyants sont au rouge ».Mais les partis de gauche et associations de défense de l’environnement sont, sans surprise, contre cette mesure : « L’Ordre des médecins, seize sociétés savantes et médicales se sont prononcés, ça y est, il faut interdire ces pesticides », a demandé l’Insoumise Aurélie Trouvé.Pour autant, cette réintroduction est suspendue à un avis scientifique de l’ANSES. Le gouvernement a déposé un amendement pour que l’institution dispose d’un délai plus long, de six mois au lieu de deux, pour rendre un avis sur une éventuelle réintroduction de ces pesticides en France, afin que « le travail scientifique puisse se faire dans de bonnes conditions » après le vote.

Avec AFP


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