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Que sait-on de la portée des missiles de l’Iran, après les tirs visant la base américano-britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien ?

Écrit par sur mars 22, 2026

Le régime iranien a lancé vendredi deux missiles en direction de cette base militaire, située à 4 000 km de ses côtes. Sans toutefois réussir à l’atteindre.L’Iran tente désormais d’atteindre des cibles encore plus lointaines, dans la guerre qui l’oppose depuis trois semaines à Israël et aux Etats-Unis. « Notre évaluation, c’est que les Iraniens ont bel et bien visé Diego Garcia », une base américano-britannique localisée dans l’océan Indien, à des milliers de kilomètres des côtes iraniennes, a confirmé dimanche 22 mars le ministre britannique Steve Reed. « Un missile est tombé en deçà de sa cible, a échoué, et l’autre a été intercepté et neutralisé », a précisé ce membre du gouvernement du Royaume-Uni dans un entretien à la BBC.

Cette annonce pose la question de la portée des missiles iraniens. « L’attaque a montré que les missiles iraniens pouvaient atteindre une portée supérieure à la limite de 2 000 km, que le régime iranien prétend depuis longtemps s’imposer », souligne l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW)(Nouvelle fenêtre), référence dans son suivi quotidien du conflit.

Une portée maximale estimée à 3 000 km

Sur le réseau social X, Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), évoque « un fait notable ». Car « l’île britannique utilisée par les forces armées états-unienne se trouve à près de 4 000 km des côtes iraniennes, soit au-delà de la portée maximale estimée jusqu’alors des missiles iraniens », développe le spécialiste en armements.Le Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS)(Nouvelle fenêtre), aux Etats-Unis, liste les estimations des rayons d’action des missiles iraniens, selon leur catégorie. Ainsi, le Khorramshahr et le Sejjil, deux missiles balistiques de portée intermédiaire, peuvent atteindre des cibles à environ 2 000 km. Le centre d’études précise toutefois que le premier modèle cité est encore en phase de développement. D’autres missiles balistiques de portée intermédiaire (le Shahab-3, l’Emad et le Ghadr-1) ont respectivement des portées de 1 300, 1 700 et 1 950 km. Le missile de croisière Soumar, quant à lui, dispose d’une portée maximale de 2 000 à 3 000 km, selon cette même source. « L’Iran possède l’arsenal de missiles le plus important et le plus diversifié du Moyen-Orient, avec des milliers de missiles balistiques et de croisière », souligne le CSIS.

Selon les projections du centre d’études, certaines de ces armes, tirées depuis le territoire iranien, peuvent donc en théorie atteindre l’Inde comme l’ouest de la Chine ou, au Nord, une partie de la Russie ; côté européen, la Pologne, l’Autriche ou le sud de l’Italie ; et sur le continent africain, la Libye ou le Soudan.

L’Iran fournit également des missiles à ses alliés, notamment au Hezbollah libanais ou à la Russie, relève le centre de recherche américain. Le régime iranien a par exemple livré des missiles de croisière et balistiques aux rebelles houthis au Yémen, et ce depuis 2015, déplaçant ainsi leur rayon d’action potentiel de plusieurs centaines de kilomètres.

Des missiles allégés pour une portée plus importante

Au regard de ces estimations, comment expliquer que des missiles iraniens aient été tirés en direction d’une cible distante de 4 000 km, bien au-delà de leur portée théorique ? « Ceci pourrait s’expliquer par l’utilisation d’une version à charge militaire allégée du Khorramshar-4, qui emporterait habituellement une charge d’une tonne, analyse sur X le chercheur Etienne Marcuz. Plus la charge utile est faible, plus le missile va loin. » Dans ces cas de figure, « cela implique des effets militaires à l’impact significativement moindres, mais surtout une précision très faible à l’arrivée », tempère-t-il.L’opacité autour de l’arsenal iranien fait craindre à certains spécialistes l’existence de capacités militaires cachées, aux portées potentiellement plus grandes que celles connues ou estimées jusqu’à présent. L’attaque lancée contre la base de Diego Garcia pose « des questions », note auprès de CNN(Nouvelle fenêtre) Trita Parsi, cofondateur de l’Institut Quincy pour une gouvernance responsable aux Etats-Unis. Il s’agit de savoir « si l’Iran pourrait également posséder d’autres types d’armes qu’il n’était pas censé posséder, et qu’il pourrait utiliser ».Pour l’expert en politique étrangère iranienne, les tirs de vendredi vers la base de Diego Garcia envoient notamment un signal à certains pays européens. « Cela place des bases européennes à leur portée », prévient Trita Parsi auprès de CNN. Sur le Vieux Continent, plusieurs Etats autorisent l’armée américaine à utiliser leurs bases dans cette guerre, à certaines conditions. « Je ne sais pas si cela va les amener à reconsidérer leur position, mais cela augmente certainement le risque pour eux. »

Qu’en est-il du territoire américain ? Quelques jours avant le début de la guerre, Donald Trump avait affirmé, lors de son discours sur l’état de l’Union, que l’Iran veillait à « bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis ». L’an dernier, un rapport de l’Agence américaine de renseignement de la défense(Nouvelle fenêtre) a toutefois contredit le président des Etats-Unis. Selon cette note, l’Iran ne dispose pas, à ce stade, de missile balistique intercontinental capable d’atteindre une cible sur le sol américain. Téhéran pourrait développer environ 60 missiles de ce type, mais pas avant l’horizon 2035.