Sécuriser le détroit d’Ormuz ? La France refuse et pour Donald Trump, c’est une “erreur vraiment stupide”
Écrit par Jonathan PIRIOU sur mars 17, 2026
Emmanuel Macron a fermé la porte à une participation de la France à des “opérations” de sécurisation du détroit d’Ormuz voulues par Donald Trump. Aucun membre de l’Otan n’en veut.Donald Trump a qualifié mardi 17 mars d’« erreur vraiment stupide » le refus de nombreux pays de l’OTAN de porter assistance aux États-Unis pour sécuriser le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran à la suite de l’attaque d’Israël et des États-Unis.
« Je pense que l’Otan fait une erreur vraiment stupide », a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu’il n’avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l’économie mondiale.La France ne sera d’aucune aide, a sous-entendu Emmanuel Macron
Emmanuel Macron avait justement, peu avant ces déclarations, martelé qu’il était hors de question pour la France de s’engager dans des « opérations » de sécurisation du détroit d’Ormuz « dans le contexte actuel » de « bombardements ».
À l’issue d’un nouveau Conseil de défense ce mardi 17 mars 2026, il n’a toutefois pas exclu une participation de la France, une fois la situation redevenue « plus calme », à des « escortes » de navires dans ce passage stratégique pour l’économie mondiale.
Nous ne sommes pas partie prenante au conflit et donc jamais la France ne prendra part à des opérations d’ouverture ou de libération du détroit d’Ormuz dans le contexte actuel.Emmanuel MacronPrésident de la République françaiseDonald Trump menace de « conséquences très mauvaises »
Après de nombreux refus de la part de pays de l’OTAN, que Donald Trump a menacé de « conséquences très mauvaises », Emmanuel Macron oppose lui aussi une fin de non-recevoir à son homologue américain, avant de tenir dans l’après-midi un conseil de défense à l’Élysée.Malgré l’insistance des États-Unis, les puissances européennes (et notamment Londres et Berlin) restent réticentes à prendre part à la sécurisation du détroit d’Ormuz, toujours bloqué par l’Iran.
Par contre, nous sommes convaincus qu’une fois la situation plus calme […] c’est-à-dire une fois que le cœur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts, avec d’autres nations, à prendre la responsabilité d’un système d’escorte [de pétroliers et porte-conteneurs dans le détroit par des bâtiments militaires].Aucune opération de « vive force »
Ce travail supposera des discussions, une « déconfliction [procédures de communication et d’échange d’informations pour éviter des dérapages, NDLR.] avec l’Iran parce que, en aucun cas, ce ne peut être une opération de vive force », a encore insisté Emmanuel Macron, qui a déjà évoqué une telle initiative le 9 mars à Chypre.
Cette mission, qui sera à « bâtir dans les jours et les semaines à venir », « doit donc être pleinement distincte des opérations de guerre qui sont en cours et des bombardements en cours », a-t-il encore dit.
Des échanges ont déjà eu lieu en ce sens avec « l’Inde et plusieurs autres partenaires européens ou de la région », a-t-il ajouté, en se disant aussi opposé à l’idée d’étendre l’opération européenne Aspides mise en place en mer Rouge au détroit d’Ormuz.
Comme le rappelle le ministère des Armées, il s’agit d’une opération mise en place pour protéger le trafic maritime en mer Rouge, notamment face aux rebelles houthis du Yémen (alliés de l’Iran).
Les chefs de la diplomatie de l’UE, réunis lundi 16 mars 2026 à Bruxelles, ont d’ailleurs écarté l’idée d’envoyer dans le détroit d’Ormuz la mission européenne de protection du trafic maritime Aspides, composée de trois navires militaires.
Radio Ice Age France