Ukraine: le sommet de Washington s’achève sur la perspective d’une rencontre Poutine-Zelensky
Écrit par Jonathan PIRIOU sur août 19, 2025
Les discussions en vue d’avancer vers la paix en Ukraine, ont connu une nouvelle étape importante lundi 18 août à Washington. Le président américain a reçu successivement son homologue ukrainien et plusieurs responsables européens. Une rencontre doit maintenant être préparée avec le président russe. Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine s’y sont dits prêts dans les deux semaines, tandis que les garanties de sécurité réclamées par l’Ukraine et les Européens doivent être formalisée dans les dix jours.Le président des États-Unis, Donald Trump va « commencer les préparatifs » d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, qui rejetait jusqu’ici une telle réunion, au terme d’une « très bonne » entrevue avec le président ukrainien et ensuite élargie à plusieurs dirigeants européens. Le président russe a convenu de cette future rencontre, qui devrait se produire dans les deux semaines à venir, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue américain, a fait savoir le chancelier allemand Friedrich Merz, l’un des responsables européens conviés à la Maison Blanche.Nous sommes prêts à une rencontre bilatérale avec [Vladimir] Poutine et après cela, nous nous attendons à une rencontre trilatérale » avec la participation de Donald Trump, a déclaré le chef d’État ukrainien à la presse. Les éventuelles concessions territoriales exigées par la Russie à l’Ukraine sont « une question que nous laisserons entre moi et Poutine », a-t-il ajouté.« L’idée a été discutée qu’il serait nécessaire d’étudier la possibilité de porter à un plus haut niveau la représentation de l’Ukraine et de la Russie », a de son côté déclaré le conseiller diplomatique du président russe Iouri Ouchakov, cité par l’agence Tass.Discussions difficiles sur les garanties de sécurité pour l’UkraineLes alliés occidentaux de Kiev vont formaliser « d’ici à dix jours » les garanties de sécurité pour l’Ukraine afin de prévenir toute nouvelle attaque russe sur ce pays en cas d’accord de paix avec Moscou, a déclaré à Washington le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ces garanties de sécurité sont avant tout essentielles pour l’Ukraine, mais aussi pour l’ensemble du continent européen, ont rappelé ses dirigeants, rapporte notre envoyée spéciale à New York, Juliette Gheerbrant.Présent à Washington, le président français Emmanuel Macron a également affirmé que l’une des garanties de sécurité qui devra accompagner tout accord de paix avec la Russie sera une armée ukrainienne « robuste » capable de dissuader toute nouvelle attaque.Le président Volodymyr Zelensky a remercié Donald Trump pour son engagement sur les garanties de sécurité : « Les garanties de sécurité en Ukraine dépendent des États-Unis, de vous, et des dirigeants qui nous soutiennent. Il est très important que les États-Unis envoient un signal aussi fort et soient prêts à offrir ces garanties. »Le président américain n’a pas formellement exclu que des troupes américaines soient déployées en Ukraine. Il a assuré que Vladimir Poutine était d’accord pour que la sécurité de l’Ukraine soit garantie, mais les discussions s’annoncent difficiles : le Kremlin a fait savoir dans l’après-midi que la Russie n’accepterait pas la présence de forces de l’Otan sur le sol ukrainien. Le chef de l’État français a toutefois salué l’« unité » trouvée : « Je regarde où on était avant et où on était il y a encore quelques jours, je considère qu’on a bâti une véritable unité ukraino-européenne, et qu’on a maintenant bâti une convergence entre les européens, l’Ukraine et les États-Unis d’Amérique, avec, sur les garanties de sécurité, sur la suite des opérations, une vraie volonté de travailler ensemble. »Pas de discussions sur d’éventuelles concessions territorialesLe président français Emmanuel Macron a appelé à « augmenter les sanctions » contre la Russie si les futurs pourparlers échouaient, et précisé que la question sans doute la plus difficile, celle d’éventuelles concessions territoriales, n’avait pas été abordée ce 18 août à Washington.
Radio Ice Age France