{"id":11331,"date":"2019-01-26T08:44:57","date_gmt":"2019-01-26T08:44:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/?p=11331"},"modified":"2019-01-26T08:45:05","modified_gmt":"2019-01-26T08:45:05","slug":"le-compositeur-michel-legrand-est-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/le-compositeur-michel-legrand-est-mort\/","title":{"rendered":"Le compositeur Michel Legrand est mort"},"content":{"rendered":"\n<p>Il \u00e9tait, depuis la disparition en 2009 de Maurice Jarre, le plus c\u00e9l\u00e8bre compositeur fran\u00e7ais de musique de films en activit\u00e9 dans le monde. Egalement arrangeur, orchestrateur, chef d\u2019orchestre, pianiste et chanteur, Michel Legrand est mort samedi 26 janvier \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 86 ans, selon son attach\u00e9 de presse,apr\u00e8s une vie enti\u00e8rement vou\u00e9e \u00e0 la musique, une muse qu\u2019il aura servie avec curiosit\u00e9 et gourmandise en explorant les territoires du Septi\u00e8me art et du jazz, de la vari\u00e9t\u00e9 et du&nbsp;<em>easy listening \u2013<\/em>&nbsp;cette musique dite d\u2019ambiance, beaucoup plus facile \u00e0 \u00e9couter qu\u2019\u00e0 concevoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Hyperactif et excessif, Michel Legrand citait \u00e0 l\u2019envi cette phrase de Cocteau dont il avait fait sa devise :<em>\u00a0\u00ab Le tact dans l\u2019audace, c\u2019est de savoir jusqu\u2019o\u00f9 on peut aller trop loin \u00bb<\/em>. Une fa\u00e7on d\u2019affirmer qu\u2019il ne s\u2019interdisait rien, refusant toute hi\u00e9rarchie entre les genres. C\u2019est toutefois davantage dans les salles obscures que sous le feu des projecteurs qu\u2019il fit la plus \u00e9loquente d\u00e9monstration de son art. Si son nom est indissociablement li\u00e9 \u00e0 celui de son partenaire de com\u00e9dies musicales, le r\u00e9alisateur Jacques Demy, il a laiss\u00e9 pour le grand \u00e9cran une \u0153uvre monumentale, plus de 150 partitions.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ses contraintes qui n\u2019\u00e9taient pas pour lui d\u00e9plaire, la musique de film \u00e9tait le vecteur id\u00e9al pour que s\u2019exprime le talent de ce passe-muraille. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, il a pu s\u2019adonner \u00e0 toutes les exp\u00e9riences : baroque (la musique de chambre pour deux pianos nimb\u00e9e de beaut\u00e9 myst\u00e9rieuse pour&nbsp;<em>Le Messager<\/em>, de Joseph Losey, en 1970) et romantisme, valse populaire et be-bop, percussions latines et violons tziganes, pop-music et romances pour crooners. Avec, pour principe, de ne jamais sacrifier la m\u00e9lodie, cette exigeante ma\u00eetresse \u00e0 laquelle il avait jur\u00e9 fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au&nbsp;<em>Monde<\/em>, en 2004, Michel Legrand avait racont\u00e9 la naissance de sa vocation. Il assiste \u00e0 une projection de&nbsp;<em>La Belle Meuni\u00e8re&nbsp;<\/em>(1948), de Marcel Pagnol. Schubert est interpr\u00e9t\u00e9 par Tino Rossi : \u00ab&nbsp;<em>Il se prom\u00e8ne dans la nature, l\u00e8ve la t\u00eate et on entend des glissandos de harpe qui descendent du ciel. Cut. On le voit ensuite chez lui composer avec une plume. Cut. Huit secondes plus tard, il dirige un concert. Je me suis dit :&nbsp;<\/em>\u201c<em>&nbsp;Mais c\u2019est \u00e7a que je veux faire ! Je l\u00e8ve le nez, j\u2019entends des trucs, je griffonne&#8230; Sublime !<\/em>\u201d<em>&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De Schubert au jazz<\/h2>\n\n\n\n<p>N\u00e9 le 24 f\u00e9vrier 1932 \u00e0 Paris, Michel Legrand est le fils de Raymond Legrand, un musicien autodidacte qui r\u00e9alise des arrangements pour l\u2019orchestre de Ray Ventura, et de Marcelle Der Mika\u00eblian, s\u0153ur de Jacques H\u00e9lian \u2013&nbsp;dont l\u2019ensemble de swing sera en France le plus populaire de l\u2019apr\u00e8s-guerre. En 1935, le p\u00e8re d\u00e9serte le foyer familial. Son fils ne lui pardonnera jamais et n\u2019aura de cesse de d\u00e9peindre son enfance comme solitaire :&nbsp;<em>\u00ab Je ha\u00efssais le monde cruel des enfants comme celui des adultes \u00bb<\/em>.<sub>Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/sub>&nbsp;Lire aussi&nbsp;&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/musiques\/article\/2017\/03\/12\/michel-legrand-la-mort-n-est-pas-la-fin-ca-change-tout_5093219_1654986.html\">Michel Legrand&nbsp;: \u00ab&nbsp;La mort n\u2019est pas la fin. \u00c7a change tout&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e2ge de 10 ans, le gar\u00e7on entre au Conservatoire national sup\u00e9rieur de Paris pour \u00e9tudier le piano et la composition, aupr\u00e8s notamment de la l\u00e9gendaire Nadia Boulanger. Sa boulimie est d\u00e9j\u00e0 insatiable, l\u2019adolescent assistant \u00e0 une multitude de cours en&nbsp;<em>\u00ab passager clandestin \u00bb&nbsp;<\/em>et apprenant \u00e0 jouer de la trompette et m\u00eame du trombone \u00e0 piston. Pas un hasard s\u2019il s\u2019agit de deux cuivres. Apr\u00e8s Schubert, un deuxi\u00e8me choc esth\u00e9tique s\u2019est produit, la d\u00e9couverte du jazz en 1948 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un concert du trompettiste am\u00e9ricain Dizzy Gillespie \u00e0 Pleyel.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019appel du large que contient le be-bop m\u00e9tamorphose le prodige en rebelle : il ne se pr\u00e9sentera pas au prix de Rome, au grand dam de Nadia Boulanger qui \u00e9crira \u00e0 la m\u00e8re une lettre outr\u00e9e. A 20 ans, Michel Legrand choisit de gagner sa vie. Pour un musicien, le plus s\u00fbr moyen d\u2019y parvenir \u00e0 cette \u00e9poque est de se tourner vers le music-hall. Le pianiste obtient son premier contrat en accompagnant Henri Salvador, avant de rejoindre en tant que directeur musical Maurice Chevalier, gr\u00e2ce auquel il d\u00e9couvre l\u2019Am\u00e9rique en 1956.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus surprenant est que Legrand est d\u00e9j\u00e0 connu depuis quelques ann\u00e9es de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique quand il y d\u00e9barque. Personnalit\u00e9 incontournable de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise (il est patron du Th\u00e9\u00e2tre des Trois-Baudets et directeur artistique de Philips), Jacques Canetti lui a offert un emploi d\u2019orchestrateur au sein de la compagnie phonographique. Il lui confie, contre 200 dollars pour solde de tout compte, la mission de r\u00e9aliser un 33-tours d\u2019ambiance reprenant des standards consacr\u00e9s \u00e0 Paris, commandit\u00e9 par le label new-yorkais Columbia.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Coltrane, Bill Evans, Miles Davis&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec sa pochette \u00e0 la photo pittoresque (un Fran\u00e7ais \u00e0 b\u00e9ret et blouse grise, brune au bec et potiron sur l\u2019\u00e9paule), son obligatoire accord\u00e9on glissant sur une Seine de cordes romantiques<em>, I Love Paris<\/em>&nbsp;fait les d\u00e9lices en 1954 des tympans am\u00e9ricains et s\u2019\u00e9coule l\u00e0-bas \u00e0 huit millions d\u2019exemplaires en deux mois. G\u00ean\u00e9 par la d\u00e9risoire r\u00e9tribution du ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre, Columbia se rattrapera en lui offrant d\u2019enregistrer un album avec le casting de ses r\u00eaves : ce sera&nbsp;<em>Legrand Jazz<\/em>, fruit de trois s\u00e9ances new-yorkaises en 1958. Le Fran\u00e7ais y dirige, entre autres, John Coltrane, Bill Evans et Miles Davis. Le trompettiste et celui qu\u2019il surnommait&nbsp;<em>\u00ab la grenouille \u00bb<\/em>&nbsp;se retrouveront en studio en 1990 pour la musique du film australien&nbsp;<em>Dingo<\/em>, avant-dernier enregistrement de Miles Davis avant sa mort.<\/p>\n\n\n\n<p>De son premier s\u00e9jour aux Etats-Unis, Legrand a rapport\u00e9 quelques vinyles de la mode musicale qui fait fureur, le rock\u2019n\u2019roll. Ils alimenteront en 1956 la premi\u00e8re tentative d\u2019adaptation en France, quatre pastiches moqueurs (dont le fameux&nbsp;<em>Rock\u2019n\u2019Roll Mops<\/em>) par un trio d\u2019amoureux du jazz, \u00e0 peine dissimul\u00e9s derri\u00e8re leurs pseudonymes : Henry Cording (Salvador, chant), Vernon Sinclair (Boris Vian, paroles) et Mig Bike (Legrand, le plus jeune et le moins m\u00e9prisant des trois, musique).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019orchestre qui porte le nom de Michel Legrand continue d\u2019enregistrer des albums d\u2019instrumentaux \u00e0 th\u00e8mes g\u00e9ographiques (Vienne, Rome, l\u2019Espagne, Rio, Broadway, Paris toujours et encore) et accompagne les vedettes du moment, Dario Moreno, Jacqueline Fran\u00e7ois et Zizi Jeanmaire. Ou un d\u00e9butant comme Claude Nougaro, pour lequel Legrand compose alors la plupart des musiques, dont celle, inoubliable, du&nbsp;<em>Cin\u00e9ma<\/em>&nbsp;(<em>\u00ab&nbsp;Sur l\u2019\u00e9cran noir de mes nuits blanches&nbsp;\u00bb<\/em>) en 1962. Encourag\u00e9 par Brel, lui-m\u00eame se d\u00e9cidera deux ans plus tard \u00e0 s\u2019emparer du micro. Les envol\u00e9es lyriques de sa voix fl\u00fbt\u00e9e et mani\u00e9r\u00e9e en irriteront plus d\u2019un(e). En 1964, il livre, en revanche, un album devenu culte,<em>&nbsp;Archi-cordes<\/em>, des th\u00e8mes originaux de jerk, twist ou surf music engloutis sous une cascade de violons stridents et agressifs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La rencontre avec Jacques Demy<\/h2>\n\n\n\n<p>A refuser de choisir entre humeurs orchestrales, jazz et chanson, une quatri\u00e8me voie synth\u00e9tique d\u00e9cide de son orientation. Les premiers contacts avec le cin\u00e9ma remontent au milieu des ann\u00e9es 1950, notamment pour des documentaires de Fran\u00e7ois Reichenbach. Le carnet de commandes ne tarde pas \u00e0 enfler, d\u2019autant que le compositeur \u00e9vite de prendre parti dans la querelle opposant la Nouvelle Vague aux tenants du r\u00e9alisme po\u00e9tique. Il travaille aussi bien pour Jean-Luc Godard (\u00e0 partir d\u2019<em>Une femme est une femme<\/em>, 1960) que pour Gilles Grangier (<em>Le Cave se rebiffe<\/em>, 1961).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec Jacques Demy que se noue une amiti\u00e9 fraternelle et une complicit\u00e9 historique qui d\u00e9bute avec&nbsp;<em>Lola&nbsp;<\/em>(1961), le premier long-m\u00e9trage du cin\u00e9aste. Leur troisi\u00e8me collaboration tente l\u2019impossible, une com\u00e9die musicale \u00e0 succ\u00e8s en France, pays r\u00e9tif \u00e0 l\u2019art de Broadway. Premier film enti\u00e8rement chant\u00e9,&nbsp;<em>Les Parapluies de Cherbourg&nbsp;<\/em>remporte la Palme d\u2019or au Festival de Cannes en 1964.<\/p>\n\n\n\n<p>La synchronisation miraculeuse entre les deux comp\u00e8res, qui ont d\u00fb r\u00e9ajuster dialogues et musiques au fil des sc\u00e8nes, invente litt\u00e9ralement un langage cin\u00e9matographique dont le r\u00e9alisateur am\u00e9ricain Damien Chazelle se revendiquera pour<em>&nbsp;La La Land<\/em>, triomphe de l\u2019ann\u00e9e 2016. Legrand en profite pour signer son premier hit international avec le m\u00e9lodramatique air de&nbsp;<em>La Gare<\/em>, chant\u00e9 par Danielle Licari. Adapt\u00e9 en anglais sous le titre&nbsp;<em>I Will Wait For You<\/em>, il est repris par Astrud Gilberto, Connie Francis ou Frank Sinatra. Le tandem Demy-Legrand approfondira son travail insolite dans&nbsp;<em>Les Demoiselles de Rochefort&nbsp;<\/em>(1968), cette fois avec un tube guilleret,&nbsp;<em>La Chanson des jumelles<\/em>,&nbsp;puis&nbsp;<em>Peau d\u2019\u00e2ne<\/em>&nbsp;(1970) et&nbsp;<em>Trois places pour le 26&nbsp;<\/em>(1988).<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre fois nomm\u00e9s aux Oscars 1966,&nbsp;<em>Les Parapluies de Cherbourg&nbsp;<\/em>n\u2019obtiennent aucune r\u00e9compense mais Legrand a compris que sa mani\u00e8re a s\u00e9duit Hollywood. Il s\u2019y installe l\u2019ann\u00e9e suivante pour y vivre d\u00e8s ses d\u00e9buts sa&nbsp;<em>\u00ab plus belle aventure \u00bb<\/em>,&nbsp;<em>L\u2019Affaire Thomas Crown<\/em>&nbsp;(1968), film de Norman Jewison avec Steve McQueen et Faye Dunaway.&nbsp;<em>\u00ab Personne ne savait comment le monter,&nbsp;<\/em>racontait-il.<em>Comme l\u2019intrigue tenait en vingt minutes, je leur ai propos\u00e9 d\u2019\u00e9crire et d\u2019enregistrer la musique, puis de faire le montage ensemble. Le film a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement construit \u00e0 partir des articulations musicales. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Outre la sc\u00e8ne de baiser alors la plus longue jamais vue \u00e0 l\u2019\u00e9cran,&nbsp;<em>Thomas Crown&nbsp;<\/em>comporte l\u2019air le plus fameux du compositeur,&nbsp;<em>The Windmills Of Your Mind<\/em>, interpr\u00e9t\u00e9 dans le film par Noel Harrison. Les paroles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites par Alan et Marilyn Bergman, couple am\u00e9ricain avec lequel Legrand se lie \u00e0 vie, et adapt\u00e9es en fran\u00e7ais par Eddy Marnay (<em>Les Moulins de mon c\u0153ur<\/em>). D\u2019autant plus \u00e9ternelle qu\u2019elle est inspir\u00e9e de l\u2019<em>andante<\/em>&nbsp;de la&nbsp;<em>Symphonie concertante pour violon et alto<\/em>&nbsp;de Mozart, la m\u00e9lodie vaut \u00e0 Legrand sa premi\u00e8re statuette dor\u00e9e. Doubl\u00e9e d\u2019une deuxi\u00e8me, en 1972, pour le th\u00e8me \u00e9l\u00e9giaque d\u2019<em>Un \u00e9t\u00e9 42<\/em>, blockbuster de Robert Mulligan, dont Barbra Streisand donne aussit\u00f4t une version chant\u00e9e, toujours avec des paroles des Bergman. La collaboration entre Legrand et la diva de Broadway remonte \u00e0&nbsp;<em>Je m\u2019appelle Barbra&nbsp;<\/em>(1966), un album dans lequel Streisand s\u2019essayait \u00e0 des chansons en fran\u00e7ais. Elle culminera avec&nbsp;<em>Yentl&nbsp;<\/em>(1983), le premier film r\u00e9alis\u00e9 par la chanteuse-actrice, dont la partition offre \u00e0 Legrand son troisi\u00e8me Oscar.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des Oscars aux C\u00e9sars<\/h2>\n\n\n\n<p>Tomb\u00e9 en d\u00e9pression, Legrand ne sera rest\u00e9 que trois ans \u00e0 Los Angeles. A son retour en France, les plus jeunes ont bient\u00f4t \u00e0 l\u2019oreille le th\u00e8me compos\u00e9 pour la s\u00e9rie d\u2019animation&nbsp;<em>Oum le Dauphin.&nbsp;<\/em>Au cin\u00e9ma, c\u2019est avec Jean-Paul Rappeneau que s\u2019\u00e9tablit une collaboration durable pour la trilogie&nbsp;<em>La Vie de ch\u00e2teau-Les Mari\u00e9s de l\u2019an II-Le Sauvage.&nbsp;<\/em>Le musicien finira par passer derri\u00e8re la cam\u00e9ra pour&nbsp;<em>Cinq jours en juin&nbsp;<\/em>(1988)<em>,&nbsp;<\/em>un r\u00e9cit de souvenirs d\u00e9di\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re, qui n\u2019en a pas laiss\u00e9 d\u2019imp\u00e9rissable. R\u00e9guli\u00e8rement convi\u00e9 \u00e0 animer la soir\u00e9e des C\u00e9sars, il capte l\u2019attention avec son num\u00e9ro de musicien fou, qui peut sembler th\u00e9\u00e2tral alors que s\u2019exprime son naturel.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus en plus tent\u00e9 par les infid\u00e9lit\u00e9s au Septi\u00e8me art, le vaillant sexag\u00e9naire se lance, avec l\u2019\u00e9crivain Didier van Cauwelaert, dans la com\u00e9die musicale sc\u00e9nique, un domaine o\u00f9 il se sent&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;d\u00e9butant&nbsp;\u00bb<\/em>. Cela donnera en 1997 l\u2019op\u00e9ra-bouffe,&nbsp;<em>Le Passe-Muraille<\/em>&nbsp;puis, en 2014, un&nbsp;<em>\u00ab op\u00e9ra populaire \u00bb<\/em>,&nbsp;<em>Dreyfus.&nbsp;<\/em>Pour John Neumeier, directeur du ballet de Hambourg, il compose la musique de&nbsp;<em>Liliom&nbsp;<\/em>(2011) avant de publier le premier volume de ses M\u00e9moires,<em>&nbsp;Rien n\u2019est grave dans les aigus&nbsp;<\/em>(Le Cherche Midi), puis d\u2019\u00e9pouser, \u00e0 82 ans, un amour de jeunesse, l\u2019actrice Macha M\u00e9ril.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on avait surtout vu le pianiste en compagnie d\u2019une fan, la soprano Natalie Dessay, avec laquelle il a publi\u00e9 l\u2019album&nbsp;<em>Entre elle et lui<\/em>&nbsp;(2013), recueil de ses airs les plus c\u00e9l\u00e8bres, que le duo a promen\u00e9s en tourn\u00e9e. L\u2019entente s\u2019est prolong\u00e9e en 2017 avec&nbsp;<em>Between Yesterday and Tomorrow<\/em>,&nbsp;<em>\u00ab oratorio pour une voix et orchestre symphonique \u00bb.&nbsp;<\/em>La retraite ? Jamais. Heureux de cette vie si remplie, Michel Legrand ne nourrissait qu\u2019un regret : \u00eatre n\u00e9 trop tard pour avoir pu proposer ses services \u00e0 Vicente Minnelli et Judy Garland.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il \u00e9tait, depuis la disparition en 2009 de Maurice Jarre, le plus c\u00e9l\u00e8bre compositeur fran\u00e7ais de musique de films en activit\u00e9 dans le monde. Egalement arrangeur, orchestrateur, chef d\u2019orchestre, pianiste et chanteur, Michel Legrand est mort samedi 26 janvier \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 86 ans, selon son attach\u00e9 de presse,apr\u00e8s une vie enti\u00e8rement vou\u00e9e \u00e0 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":11332,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"_wpas_customize_per_network":false},"categories":[68],"tags":[],"class_list":["post-11331","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actu-culturelle"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Michel-Legrand.jpg?fit=688%2C688&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11331","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11331"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11331\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11333,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11331\/revisions\/11333"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11332"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11331"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11331"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iceagetv.com\/radiosite\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11331"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}