On a de moins en moins d’options” : avant même le vote de confiance, Emmanuel Macron à la recherche d’une improbable solution miracle
Écrit par Jonathan PIRIOU sur septembre 5, 2025
La plausible chute du gouvernement oblige, une fois de plus, le président de la République à replonger dans l’inextricable bourbier politique né de la dissolution de 2024.”Personne ne sait ce qu’il va se passer, ni ce qu’il faut faire”, résume une proche d’Emmanuel Macron. Une fois de plus, la France s’apprête à replonger dans les affres d’une instabilité devenue chronique depuis la dissolution ratée de juin 2024. Lundi 8 septembre, le Premier ministre, François Bayrou, demandera la confiance de l’Assemblée nationale. A moins d’une énorme surprise, l’issue ne fait que peu de doute, les oppositions ayant toutes déclaré qu’elles voteraient contre. “Il n’aura pas la confiance”, anticipe déjà un influent député du bloc central. “Ce qu’a fait Bayrou est une connerie, il n’y a pas d’autre mot. Il nous fait porter la responsabilité du chaos, ce qui est quand même le comble”, assène le même. Un autre ironise : “Demander à des oppositions qui s’opposent depuis huit ans de voter la confiance ? Je comprends leur position, ils ne sont pas suicidaires les gars !” François Bayrou s’apprête donc à connaître le même sort que Michel Barnier, tombé lui aussi sur la question budgétaire, après une motion de censure adoptée début décembre. En cause : la tripartition à l’Assemblée, fruit du résultat des législatives anticipées, qui rend le pays ingouvernable. Une fois l’équipe du patron du MoDem écartée, la balle sera de nouveau dans le camp du chef de l’Etat. Que va faire Emmanuel Macron ? Parmi ses troupes, l’heure est à l’abattement. “Quelle situation de merde, c’est l’enfer à tous les étages”, se lamente un élu macroniste. “On est assez nombreux à penser que l’on est vraiment sur un toboggan, on a de moins en moins d’options”, embraye un poids lourd du camp présidentiel. Dissoudre or not dissoudreUn état d’esprit qui n’est pas celui d’Emmanuel Macron, à en croire l’un de ses fidèles amis : “Il a la volonté d’aboutir et, jusqu’au bout, il va se battre.” En coulisses, le président consulte et a reçu à déjeuner, mardi, les patrons des partis de la coalition gouvernementale : Bruno Retailleau pour LR, François Bayrou pour le MoDem et Gabriel Attal pour Renaissance. Face aux tiraillements du socle commun, le locataire de l’Elysée les a appelés à un devoir de responsabilité et de stabilité. Selon les informations de franceinfo, tous, y compris, donc, Emmanuel Macron, se sont prononcés contre une nouvelle dissolution. C’est pourtant ce que réclament à cor et à cri certains dans l’opposition, à commencer par Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui veulent une “dissolution ultrarapide”. L’ancien président Nicolas Sarkozy a lui aussi appelé à une nouvelle “dissolution”, dans un entretien mardi au Figaro(Nouvelle fenêtre). De quoi faire frémir dans le bloc central. “S’il y a une nouvelle dissolution, ce qui est certain, c’est qu’il y aura beaucoup de pertes auprès du socle commun”, prévient Ludovic Mendes, député Ensemble pour la République (EPR).
Radio Ice Age France