Carburants : « On ne veut pas d’aide » mais une revalorisation pérenne, réclament les syndicats d’infirmières libérales
Écrit par Jonathan PIRIOU sur septembre 21, 2026
Face à la hausse des prix des carburants, les syndicats des infirmières libérales réclament ce lundi une revalorisation pérenne de leurs indemnités de déplacement, indexée sur le coût à la pompe, et un accès prioritaire dans les stations-service.
Avec la flambée actuelle des prix des carburants, les infirmières libérales, qui interviennent au domicile des patients, se déplacent « à perte », alertent des représentants de la profession lundi 21 septembre, réclamant des indemnités plus élevées et « indexées » sur ces prix.Dimanche, le prix du gazole atteignait 2,41 euros en moyenne en France, un nouveau record, mais l’indemnité forfaitaire qui compense les déplacements des infirmières, versée par l’Assurance maladie, est à 2,75 euros. « On ne veut pas d’aide » aux gros rouleurs, mais une revalorisation pérenne des frais de déplacement, réclame Marion Carrière Attard, infirmière autour de Dijon, essentiellement en milieu rural, et membre du Collectif infirmiers libéraux en colère (Cilec), ce lundi sur ICI. « On a une clé de facturation qui n’a pas été augmentée depuis 2009, poursuit-elle. La première augmentation aura lieu le 6 novembre de cette année, on demande à ce que les 0,20 euros bruts qui avaient été négociés par les syndicats soient effectifs tout de suite ».L’infirmière « perd de l’argent » en allant à domicile
Une partie des infirmières peuvent facturer des « indemnités kilométriques » (dépendantes du nombre de kilomètres) en plus de cette indemnité forfaitaire, mais pas lorsqu’elles résident dans la même agglomération que le patient qu’elles vont voir, observe Convergence infirmière. Ainsi, par exemple, « pour une injection intramusculaire au domicile d’un patient situé à sept kilomètres du cabinet, l’infirmière libérale facture 7,25 euros (acte et indemnités comprises). Le déplacement lui coûte 6,02 euros » et il lui reste « 1,23 euro, pour une intervention qui mobilise environ 25 minutes, soit moins de 3 euros/heure avant toute charge sociale et fiscale », calcule le syndicat.
Ce raisonnement « se répète à l’identique pour un pansement, une perfusion, une surveillance clinique, une prise de sang » : l’infirmière « perd de l’argent » en allant à domicile, « ce n’est pas soutenable », plaide l’organisation. En zone rurale, en plaine, l’infirmière peut facturer en supplément 0,35 euro par kilomètre effectué, mais « l’administration fiscale reconnaît un coût de revient de 0,43 euro », déplore-t-elle encore.Priorité à la pompe
Les deux organisations réclament une hausse importante de l’indemnité forfaitaire de déplacement – 3,50 euros pour le Cilec, 4 euros pour les patients dépendants pour Convergence infirmière – et une indexation de l’indemnité sur les prix réels des carburants. Elles réclament aussi « un accès prioritaire » aux carburants en période de tension d’approvisionnement.
« Vendredi, j’ai fait 1h20 de queue pour pouvoir obtenir du carburant, sur une cinquantaine de patients par jour, je ne veux pas perdre 1h20 à la pompe ! », témoigne sur ICI Marion Carrière Attard, qui est contrainte de choisir les stations où le carburant est le moins cher, et donc celles où il y a le plus de queue. Elle explique avoir dû réorganiser ses tournées à cause de la hausse du prix du carburant : « On ne fait plus en fonction de la priorité des soins, mais on fait village par village, même sur une prise de sang à jeun ou chez les patients diabétiques qui nous attendent », regrette Marion Carrière Attard. Une seule patiente pose problème pour le moment, « dans un village qui est éloigné à plus de huit kilomètres du cabinet« . Marion Carrière Attard se demande « si demain on pourra continuer d’aller soigner cette patiente de 95 ans qui a besoin de soins tous les jours. »
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