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Carburants : « On va envisager des actions », préviennent plusieurs filières mécontentes des aides du gouvernement

Écrit par sur septembre 23, 2026

Parmi les nouvelles mesures annoncées mardi par le gouvernement pour venir en aide aux Français les plus touchés par la hausse des prix des carburants, aucune aide ne concerne les auto-écoles ni les transporteurs routiers. Certains secteurs se sentent oubliés, d’autres insuffisamment aidés.

Les annonces du gouvernement pour répondre à la flambée des carburants font des déçus. Mardi, l’aide pour les « grands rouleurs » a été prolongée et élargie par le gouvernement, tout comme les aides sectorielles. Les agriculteurs, pêcheurs et travailleurs du BTP pourront continuer de toucher ces aides « jusqu’au 31 décembre ». Désormais, les infirmiers libéraux et les aides à domicile bénéficient également d’un coup de pouce financier. Mais certaines filières professionnelles, comme les auto-écoles et les transporteurs routiers, s’estiment lésées par le gouvernement. D’autres, comme les professionnels du bâtiment et les infirmiers libéraux, pourtant en partie concernés, restent mécontents. »Une hécatombe d’entreprises de transport »

« C’est presque nous pousser à descendre dans la rue », réagit ce mercredi sur France Inter Jean-Claude Barcos, président de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) Occitanie-Pyrénées, alors que le gouvernement a mis fin aux aides pour la profession. Lors d’une conférence de presse à Bercy, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a expliqué que les routiers pouvaient répercuter la hausse du prix du carburant sur leurs factures. « Répercuter quoi ? Répercuter comment ? C’est vraiment se foutre du monde. C’est incroyable », s’indigne Jean-Claude Barcos.

« On est exactement dans le même cas que les autres professions. Il ne faut pas s’imaginer que les clients, systématiquement, payent, ce serait beaucoup trop facile », explique le représentant de la FNTR. « On voit bien que ces gens-là ne connaissent rien, n’ont jamais vu une entreprise, ne savent pas ce que c’est que de négocier avec des clients. Une grande partie de la profession ne pourra pas s’en sortir », déclare Jean-Claude Barcos. « On est déjà dans une situation fragilisée, avec une économie qui est très faible, ce qui affaiblit l’activité, affaiblit les rentrées d’argent. Donc ça va être très compliqué », juge le transporteur. Il s’attend, dans les prochaines semaines, « à voir une hécatombe d’entreprises de transport », met en garde Jean-Claude Barcos.L’État ne nous répond pas »

« La seule solution que l’on va avoir en tant qu’auto-écoles, ça va être d’augmenter nos tarifs. C’est le signal que nous a envoyé l’État : augmentez vos tarifs, faites payer le consommateur », prévient aussi ce mercredi sur franceinfo Boris Grabowski, vice-président du pôle Éducation et Sécurité routières du syndicat Mobilians. Les auto-écoles ne sont pas non plus concernées par les dispositifs d’aide. « Depuis le début de la crise géopolitique, mon entreprise et toutes les entreprises moyennes en France ont payé 5.000 euros de plus de carburant. C’est entre 700 et 800 euros de plus par mois », calcule celui qui est aussi patron d’une auto-école à Châteauroux.

Face à cela, Mobilians, première organisation professionnelle des exploitants d’écoles de conduite, réclamait une aide similaire à celle accordée aux pêcheurs, à savoir 35 centimes du litre. Mais « l’État ne nous répond pas », déplore Boris Grabowski, qui estime que les auto-écoles sont « au bord du précipice ». Il n’exclut pas une mobilisation des secteurs qui ne sont pas concernés par les aides du gouvernement. « On va se réunir et on va envisager des actions », avance-t-il. »On est ouvert à discuter avec d’autres secteurs », assure le gouvernement

« Si on doit discuter avec d’autres secteurs concernés, on est bien sûr ouverts à le faire », répond sur franceinfo ce mercredi Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. « On n’a jamais fermé de ports par principe, on est aux côtés des pêcheurs, des agriculteurs, du secteur du BTP, des infirmières… », liste Maud Bregeon pour défendre la prolongation et l’élargissement de l’aide aux grands rouleurs.

Mais la porte-parole du gouvernement tient à rappeler la « réalité budgétaire » dans laquelle se trouve la France, avec « une crise internationale » et « une situation nationale qui, sur le plan politique, sur le plan économique, est extrêmement contrainte ».

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