« C’est la double peine » : déjà accentuée par la canicule, la pollution en Île-de-France grimpe encore après le feu de forêt de Fontainebleau
Écrit par Jonathan PIRIOU sur juillet 15, 2026
Les régions touchées par les récents incendies affichent des taux de particules particulièrement élevés alors que la chaleur amplifiait déjà les niveaux d’ozone dans la région, alerte Pierre Pernot, ingénieur à Airparif.À Fontainebleau (Seine-et-Marne), où un feu de forêt a détruit plus de 2 000 hectares de végétation, les concentrations en particules ont atteint 400 microgrammes par mètre cube. Pierre Pernot, ingénieur chez Ariparif (Nouvelle fenêtre)revient sur les conséquences des incendies sur la qualité de l’air.
franceinfo : À quel point les particules fines qui émanent de ces fumées ont-elles atteint un niveau exceptionnel ces dernières semaines ?
Pierre Pernot : On a pu relever des concentrations supérieures à 400 microgrammes par mètre cube en particules fines. Ce sont des niveaux, heureusement, qu’on ne relève pas tous les jours. La dernière fois qu’on avait eu ce type de niveau, c’était il y a dix ans, lors d’un épisode de pollution hivernale très élevé en décembre 2016. Il est arrivé aussi qu’on ait des niveaux encore plus importants, notamment dans des zones de retombées de feux d’artifice où on a pu atteindre les 600 microgrammes par mètre cube.
Parle-t-on du même type de particules fines qu’avec la pollution automobile, par exemple ?
C’est le même type de par leur taille, par contre ils n’ont pas exactement la même composition chimique. Ce sont notamment des particules de combustion de végétaux, de biomasse, donc des particules qui sont énormément chargées en suie, mais qui peuvent être aussi accompagnées d’autres composés comme des hydrocarbures polycycliques ou des composés organiques volatils.Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour l’environnement et pour notre santé ?
Pour notre santé, malheureusement, comme toutes particules de pollution, elles vont avoir un impact sur notre système respiratoire. L’Anses note que lorsqu’on a des épisodes liés à des feux de fumée de forêt, on peut avoir une augmentation des hospitalisations. Les particules ont aussi des effets cardiovasculaires importants et ça c’est très important puisque c’est l’effet majeur sur ce type de pollution.
C’est d’autant plus dangereux que l’on est proche de ces incendies, notamment pour le feu de Fontainebleau ?
Le panache va évoluer en fonction de la vitesse et la direction du vent donc bien évidemment plus vous êtes à proximité des incendies et du foyer plus vous allez avoir des niveaux importants. Après, en fonction du vent, la zone de retombée peut évoluer. L’impact est assez fort, puisque nos collègues de la région Centre ont relevé aussi des impacts de ces feux de forêt dans tout le nord-est de leur région, à savoir le Loiret.
Est-ce que cette pollution finit par s’atténuer une fois que les fumées sont parties ?
Cette pollution va se disperser et va retomber. Lors de la phase d’incendie stricto sensu, la combustion, avec des températures élevées, va amener une dispersion à la verticale assez importante, puis une zone de retombée. Il faut quand même bien noter que lorsque le feu est éteint, il reste quand même des fumées assez importantes et il peut y avoir encore des niveaux de particules assez fortes à proximité, avec des combustions qui sont très incomplètes et des températures moins élevées.
Cela vient-il aggraver la pollution qui existait déjà en raison de la canicule ?
Tout à fait. En lien avec la canicule, on avait déjà des niveaux soutenus en ozone, qui est un autre polluant, et donc malheureusement, c’est la double peine pour les habitants à proximité du feu. Puisqu’ils ont à la fois une pollution en particules importante et cette pollution en ozone qui touche l’Île-de-France, mais aussi d’autres régions en France.
Radio Ice Age France