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Fin de visite à Monaco : Léon XIV a dénoncé « les abîmes entre pauvres et riches » et rappelé l’attachement de l’Eglise à la défense de la vie dans la principauté qui a renoncé à légaliser l’avortement

Écrit par sur mars 28, 2026

Cette visite de moins de neuf heures, la première d’un pape depuis près de 500 ans dans ce micro-Etat méditerranéen de moins de 2 km2 et 39.000 habitants, n’a pas mobilisé les foules espérées de France ou d’Italie voisines mais a permis à l’Eglise de Monaco de mettre en lumière une diversité dépassant les clichés. Venu de Rome en hélicoptère pour éviter le casse-tête diplomatique d’un atterrissage en territoire français à Nice, le pape a été accueilli par le prince Albert II et la princesse Charlène, sous un soleil radieux.  

Depuis le balcon du palais princier, face à plus de 5.000 personnes, il a abordé sans détour la réalité financière de ce territoire surtout connu pour ses casinos, ses milliardaires et son immobilier aux prix vertigineux, même si le catholicisme y est religion d’Etat.

S’exprimant en français, malgré une prononciation pas toujours fluide, il a fustigé « les configurations injustes du pouvoir, les structures de péché qui creusent des abîmes entre pauvres et riches, entre privilégiés et rejetés, entre amis et ennemis ».

Le pape a directement interpellé les Monégasques, dont certains l’écoutaient une coupe de champagne à la main depuis les balcons d’appartements privés: « Vivre ici est pour certains un privilège et pour chacun un appel spécifique à s’interroger sur sa propre place dans le monde ».

Il y a un « impératif de solidarité de la part de ceux qui ont le plus de moyens », a reconnu le prince Albert II, qui a pour sa part consacré une partie sa fortune et de son entregent à la protection de l’environnement.

Dans son homélie prononcée depuis l’autel monumental construit sur la pelouse, Léon XIV a réaffirmé la position de l’Eglise catholique sur les questions de bioéthique – euthanasie et avortement – invitant à prendre « soin de chaque existence humaine, depuis son apparition dans le sein maternel jusqu’au moment où elle se flétrit et dans toutes ses fragilités ».

Monaco, qui a renoncé l’an dernier à légaliser l’avortement et renforcé les soins palliatifs en rejetant l’aide à mourir, reste l’un des derniers pays européens en phase avec cette doctrine.