Malgré les discussions en cours autour de la vente de SFR, les syndicats accentuent la pression estimant ne pas avoir obtenu de garanties suffisantes sur l’avenir des salariés
Écrit par Jonathan PIRIOU sur septembre 16, 2026
Les syndicats de SFR durcissent le ton face au projet de rachat de l’opérateur par Bouygues Telecom, Free et Orange, craignant la disparition de plusieurs milliers d’emplois. Altice France a conclu début juin un protocole prévoyant la vente de SFR à ses trois concurrents pour 20,35 milliards d’euros, auxquels pourrait s’ajouter un complément de prix pouvant atteindre 650 millions.
SFR compte actuellement environ 8.000 salariés, dont l’avenir constitue désormais l’un des principaux points de tension des négociations. Le projet prévoit notamment le transfert d’environ 2.300 salariés de SFR vers Bouygues Telecom, de 53 salariés de RED vers Free et de plus de 230 salariés vers Orange.
Quelque 120 boutiques doivent également être réparties entre les trois repreneurs, sans que le nombre exact d’employés concernés soit encore connu. Pour les milliers d’autres salariés, le consortium s’est engagé à garantir l’emploi jusqu’au début de l’année 2029. Une promesse jugée insuffisante par les organisations syndicales, qui s’inquiètent notamment du devenir des salariés après cette échéance et des nombreux postes susceptibles de faire doublon chez les repreneurs.
Selon plusieurs représentants du personnel, une proposition de reclassement par salarié serait actuellement envisagée, là où les syndicats en réclament trois pour chacun des employés concernés. La CFDT, la CFTC et l’Unsa ont donc appelé les salariés à une demi-journée de grève le 24 septembre afin d’obtenir de nouvelles garanties sociales. Le CSE central a également saisi la justice pour réclamer davantage de documents et d’informations sur les modalités précises de la cession.
Les représentants du personnel dénoncent un manque de transparence, tandis que la direction d’Altice France affirme avoir répondu à plus de 500 questions et transmis près de 600 documents, auxquels s’ajoutent plus de 2.000 pages fournies par le consortium. Les syndicats ont parallèlement interpellé les ministères de l’Économie et du Travail, réclamant l’intervention de l’État et affirmant qu’« aucun emploi ne doit être perdu ».
Le processus de consultation du personnel, déjà prolongé à plusieurs reprises, doit désormais se poursuivre jusqu’au 6 octobre, tandis que de nouvelles réunions avec les repreneurs sont prévues les 21 et 25 septembre.
Même après un accord définitif, l’opération devra obtenir le feu vert de l’Autorité de la concurrence, dont l’examen pourrait durer au moins dix-huit mois.
Radio Ice Age France