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Tirs au collège d’Aubagne : détention provisoire pour le collégien, « influencé » par les tueries de masse

Écrit par sur octobre 15, 2026

L’adolescent de 14 ans qui a blessé par balle un principal et une enseignante au collège d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) a été placé mercredi en détention provisoire, reconnaissant « avoir été influencé » par une mouvance fascinée par les tueries de masse.

L’élève de 3ᵉ qui a ouvert le feu avec un fusil de chasse, blessant le principal du collège Lakanal d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) et une professeure, a été placé en détention provisoire mercredi, reconnaissant « avoir été influencé » par une mouvance fascinée par les tueries de masse.Cette journée a été longue et éprouvante et s’est achevée à l’instant devant le juge des libertés et de la détention, comme on pouvait s’y attendre, avec une incarcération de mon client« , a exposé devant la presse son avocat, Me Fabrice Giletta. Le mineur a été « mis en examen » et « placé en détention provisoire, conformément à nos réquisitions« , a indiqué en écho le parquet national antiterroriste (Pnat), en charge du dossier, sollicité par l’AFP.

Le parquet a aussi expliqué que « l’examen psychologique réalisé dans le temps de la garde à vue ne concluait pas à l’existence d’une pathologie psychique » pour l’adolescent. Pour Me Fabrice Giletta, « c’est trop rapidement dit« , et il pense « que justement l’instruction aura aussi pour but de creuser cet aspect des choses par le biais d’expertises« . « Aujourd’hui, ce que l’on peut dire, c’est que c’est un mineur de 14 ans qui est en train de prendre conscience de la gravité objective des faits commis« , a-t-il ajouté.

« Influencé » par la True Crime Community

Durant ses auditions au tribunal judiciaire de Paris devant un juge d’instruction, le collégien a admis « avoir été influencé » par une mouvance fascinée par les tueries de masse. Il est soupçonné de s’inscrire dans une mouvance fascinée par les tueries de masse, avec sa « probable adhésion à la True Crime Community (TCC)« , selon le parquet antiterroriste.

En France, c’est la première fois que la justice antiterroriste fait le lien entre un passage à l’acte et le type de profil de fans de tueries de masse, phénomène né en Amérique du Nord. Toutefois, le mineur dément « avoir inscrit son action au nom de la TCC« , rapporte le Pnat. Le suspect invoque plutôt une « volonté de vengeance, en raison d’un harcèlement des professeurs et de ses camarades« , non corroboré à ce stade des investigations, selon ce parquet.

Me Fabrice Giletta a souligné que « s’agissant de l’intention homicide, mon client la conteste, indiquant qu’il avait eu soin de viser des zones qui n’étaient pas létales« , éléments déjà divulgués par le Pnat.

La menace de la mouvance TCC « reste marginale »

« C’est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l’Union européenne parce qu’on la voit croître« , a indiqué ce jeudi sur franceinfo Olivier Christen, le procureur national antiterroriste.

Cette communauté a été identifiée par les enquêteurs, « il y a un peu plus d’une dizaine d’années maintenant« , souligne Olivier Christen, précisant que le Pnat a ouvert sa première enquête à ce sujet en 2021. Au total depuis, trois enquêtes ont été ouvertes sur cette mouvance.

« Après, elle reste totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste« , a complété Olivier Christen. « La principale menace terroriste reste la menace jihadiste, qui représente 88% des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs« , a précisé le magistrat.

Déroulement de l’attaque au collège

D’après le récit des procureurs, les faits se sont produits lundi vers 9h20 au collège Lakanal d’Aubagne. Le jeune s’est introduit dans l’établissement intégralement vêtu de noir et ganté, dissimulant dans un étui à guitare une arme à feu, trois cagoules, trois polaires, un keffieh, une écharpe et un téléphone portable. L’intervention du conseiller principal d’éducation (CPE), qui est parvenu à le désarmer, a permis d’interrompre l’attaque.

Les parents de l’adolescent, placés en garde à vue, ont été relâchés mardi soir, selon le parquet de Marseille. En revanche, « une procédure incidente a été ouverte pour vérifier que les armes appartenant au père soient en règle« .


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