Tour de France perturbé, 4 600 hectares parcourus, 10 000 personnes évacuées… Ce que l’on sait de l’incendie qui ravage les Pyrénées-Orientales
Écrit par Jonathan PIRIOU sur juillet 6, 2026
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, attendu sur place dans l’après-midi, alerte sur une saison des feux déjà deux fois plus destructrice qu’à la même période l’an dernier dans le pays.Le répit n’aura été que de courte durée. Après une légère accalmie dans la nuit, les pompiers ont repris, lundi 6 juillet au matin, une « lutte acharnée » contre l’incendie qui ravage les Pyrénées-Orientales. Le feu, qui s’est déclaré samedi près de Trévillach et qui a déjà parcouru 4 600 hectares, n’est toujours pas fixé, a annoncé le préfet du département lors d’un point-presse à Perpignan.Le feu n’est toujours pas fixé
Près de 48 heures après l’apparition des premières flammes, samedi soir près de Trévillach, l’incendie reste hors de contrôle. Après une baisse du vent dans la nuit, les pompiers ont repris lundi matin leur combat contre les flammes pour tenter de contenir la progression du feu, qui a déjà parcouru 4 600 hectares(Nouvelle fenêtre), selon la préfecture du département.
La priorité des secours est désormais de freiner le feu « sur sa tête et sur ses flancs », a expliqué le préfet Pierre Regnault de la Mothe. L’incendie progresse dans un secteur montagneux difficile d’accès, notamment dans le massif des Aspres, une zone « très aride » où les moyens terrestres peinent à intervenir.
Près de 10 000 habitants ont été évacués
Face à l’avancée du feu, les autorités ont demandé l’évacuation des habitants de 26 communes, soit environ 10 000 personnes résidant dans le massif des Aspres. Les personnes concernées sont progressivement prises en charge dans des salles municipales et des gymnases. Laurent Nuñez a rappelé lundi matin sur France 2 qu’il était fortement déconseillé aux habitants évacués de regagner leur domicile tant que la situation n’était pas stabilisée.
Les conditions météo compliquent le travail des secours
Le feu est alimenté par un cocktail particulièrement redouté : des vents changeants, des températures pouvant atteindre 40°C et une sécheresse de l’air qualifiée d’« exceptionnellement élevée » par les autorités. « Le contexte est compliqué », a confirmé lundi Laurent Nuñez.Les moyens aériens, interrompus pendant la nuit pour des raisons de sécurité, ont repris leurs rotations dès le lever du jour. Quatre Canadair et un Dash doivent notamment appuyer les équipes au sol. Mais la bascule du vent vers l’est, attendue dans la matinée, inquiète les pompiers, car elle risque de modifier la direction du brasier.
Des centaines de pompiers sont mobilisés
Quelque 700 sapeurs-pompiers, épaulés par 200 véhicules et plusieurs moyens aériens, restent engagés sur le terrain. Le préfet a appelé les entreprises employant des soldats du feu volontaires à leur permettre de se libérer pour renforcer les effectifs.
Plusieurs personnes ont été blessées depuis le début de l’incendie. « Un sapeur-pompier ainsi qu’un habitant sont actuellement en urgence absolue », a précisé la préfecture dimanche en fin d’après-midi. Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a ajouté sur BFMTV que le résident avait été « blessé par brûlure », sans détailler les circonstances dans lesquelles le pompier avait été touché.
Le Tour de France a dû être adapté
La troisième étape du Tour de France reliant Granollers (Espagne) aux Angles (Pyrénées-Orientales), est maintenue lundi. Mais elle se déroulera « sans public » et « sans caravane publicitaire » dans sa partie française, en particulier à l’arrivée.
Cette décision, annoncée par le préfet des Pyrénées-Orientales, fait suite à la mobilisation massive des pompiers et des forces de sécurité contre l’incendie. L’objectif est d’éviter tout afflux de spectateurs dans une zone déjà sous tension, alors que les routes, les secours et les moyens de surveillance sont concentrés sur la lutte contre le feu.
Une saison des incendies particulièrement précoce
Ce feu s’inscrit dans une série d’incendies qui touchent déjà plusieurs départements français. Dans les Pyrénées-Orientales, un autre brasier avait entraîné, quelques jours plus tôt, l’évacuation de 3 000 personnes à Canet-en-Roussillon et à Sainte-Marie-la-Mer, avant d’être fixé par les pompiers.
Les pompiers sont également mobilisés en Ariège, dans l’Aude, dans le Gard ou encore dans la Drôme. « Hier [dimanche], il y avait une vingtaine de feux traités en même temps », a détaillé Laurent Nuñez sur France 2. Si la plupart des départs de feu sont d’origine humaine, leur propagation est favorisée par la multiplication des épisodes de chaleur et de sécheresse.
« Comme on s’y attendait, on a une saison des feux compliquée qui a démarré avec un mois d’avance », a déclaré le ministre. Selon lui, « 11 000 hectares ont déjà brûlé en France, contre 5 700 à la même période l’an dernier« . Dimanche, « une vingtaine de feux » ont été traités en même temps, a-t-il aussi rappelé. Il est attendu dans les Pyrénées-Orientales lundi après-midi.
Radio Ice Age France