Française contaminée, cas contact : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du gouvernement sur l’hantavirus
Écrit par Jonathan PIRIOU sur mai 12, 2026
La ministre de la Santé a écarté ce mardi toute « circulation diffuse » du virus « sur le territoire national », lors d’une conférence de presse aux côtés d’épidémiologistes. Sur les cinq Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme contaminée est toujours « dans un état grave » en réanimation.
‘Il n’y a pas d’élément en faveur d’une circulation diffuse du virus sur le territoire national », a déclaré ce mardi la ministre de la Santé Stéphanie Rist concernant l’hantavirus, lors d’une conférence de presse aux côtés d’épidémiologistes. Le Premier ministre a indiqué lundi après une réunion interministérielle à Matignon que « tous les cas contacts, sans exception », seraient désormais « mis en quarantaine renforcée en milieu hospitalier ».Onze cas sont confirmés dans le monde, dont un en France. La passagère française, testée positive à l’hantavirus, présente une « forme grave » du virus, selon la ministre de la Santé. De son côté, Emmanuel Macron a assuré que la situation était « sous contrôle » du gouvernement qui a mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». ICI fait le point.
La passagère française « dans un état grave »
La passagère française du navire, testée positive à l’hantavirus, est actuellement hospitalisée « en réanimation dans un état grave », a déclaré Stéphanie Rist. « La patiente a aujourd’hui la forme la plus sévère’ et bénéficie d’une « circulation extracorporelle, un poumon artificiel, pour permettre aux poumons de se rétablir », a expliqué Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat. « Sa contamination est postérieure au premier cas, qui est décédé » à bord du navire, a poursuivi Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France (SpF).
Les quatre autres ressortissants français, qui étaient passagers du navire, ont été placés à l’isolement « strict » à l’hôpital Bichat, à Paris. Testés négatif, ils « vont bien », et sont « soumis à une surveillance médicale étroite ».Les 22 cas contact « hospitalisés ou en cours d’hospitalisation »
« Au total, 22 cas contact ont été identifiés en France », a précisé Stéphanie Rist. « Ils ont tous été contactés, testés, hospitalisés ou en cours d’hospitalisation et font l’objet d’un suivi sanitaire rigoureux », a ajouté Stéphanie Rist, qui précise qu’il n’y a pas eu de difficultés à leur trouver des places d’hospitalisation. Ces 22 personnes « seront hospitalisés au minimum 15 jours », a expliqué Stéphanie Rist, qui a indiqué que « les gens ne sont pas en désaccord avec leur hospitalisation à ce jour ». “Ils sont tous hospitalisés dans des centres de référence, avec des professionnels qui connaissent ces maladies et leur prise en charge”, a poursuivi la ministre de la Santé qui a précisé que les résultats de leur test PCR devraient bientôt être connus. « On a fait un principe de précaution car il faut briser la chaîne de transmission maintenant. »Huit Français ayant pris l’avion le 25 avril au départ de l’île de Sainte-Hélène vers Johannesbourg avec la passagère malade ont été « identifiés, testés et sont actuellement hospitalisés », a développé la ministre, notant qu’« on peut voir différents âges, dont des enfants ». Dans le deuxième avion au départ de Johannesbourg, que la passagère avait essayé sans succès de prendre vu son état de santé, « les quatorze cas en France de ce vol ont été identifiés, une partie est hospitalisée, une partie est en cours d’hospitalisation », a-t-elle répété.
« À ce stade, on ne peut pas exclure qu’un patient asymptomatique ne peut pas transmettre le virus”, rappelle Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France (SpF). De son côté, Antoine Flahault, médecin épidémiologiste, a assuré que la situation était « inédite car l’épidémie est partie d’un bateau, on peut dénombrer tous les cas contacts. »
Pas de vaccin actuellement disponible
Olivier Schwartz, virologue et directeur de l’Unité virus et immunité de l’institut Pasteur, a rappelé qu’il n’y avait actuellement pas « de vaccin disponible contre l’hantavirus des Andes ». Mais il précise que des projets sont « en phase clinique et préclinique, à base d’ARN ». « On pourrait aller vite, d’autant que la structure du virus est connue », a souligné le spécialiste pendant la conférence de presse.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l’hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d’être humain à être humain. L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
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